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Interdiction de l’exploitation artisanale de l’or à Siguiri : Ibrahima Mbemba Bah recadre le débat et écarte toute idée de xénophobie

today5 novembre 2026

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Depuis l’interdiction de l’exploitation anarchique et illégale de l’or dans la région de Siguiri, des milliers d’exploitants miniers étrangers, majoritairement burkinabè, ont commencé à quitter le territoire national guinéen. Cette décision est diversement commentée dans la sous-région ouest-africaine.

L’analyste et consultant politique Ibrahima Mbemba Bah s’est prononcé ce jeudi 5 novembre 2026 sur cette question pour apporter des précisions :

« Il faut dire aux gens que la Guinée n’est pas un pays xénophobe. Ce ne sont pas les Guinéens qui sont en train de chasser les Burkinabè parce qu’ils sont venus chercher du travail en Guinée. En réalité, ces gens sont aujourd’hui confrontés à une réalité : l’État a décidé d’organiser le secteur des mines en Guinée, c’est-à-dire l’or qui était exploité de façon anarchique et abusive par des circuits informels. L’État a décidé de réglementer cela et de mettre fin à l’exploitation artisanale. Et vous avez vu récemment que le chef de l’État a inauguré la raffinerie d’or à Conakry. Cela veut dire qu’on veut désormais privilégier l’exploitation industrielle au détriment de l’exploitation artisanale, ce qui explique la nécessité pour l’État de fermer les mines artisanales. Évidemment, lorsqu’on ferme ces sites, beaucoup de personnes se retrouvent sans emploi, car elles y travaillaient avec tous les risques d’insécurité que l’on connaît. Ces sites ayant été fermés, les Burkinabè, certains Maliens et même des Guinéens qui travaillaient dans ces zones sont aujourd’hui obligés de se tourner vers d’autres opportunités. Ils ont donc décidé de ne pas rester en Guinée et de retourner dans leur pays. Je pense que leurs pays respectifs, le Mali et le Burkina Faso, ont décidé d’organiser leur rapatriement, ce qui est une bonne chose. Il n’y a donc pas de xénophobie, ce n’est pas la Guinée qui a demandé aux ressortissants de ces pays de quitter son territoire. »

Pour décrisper cette situation, l’analyste politique formule des recommandations à l’endroit des autorités guinéennes et de l’ensemble des acteurs de la vie nationale :

« La première démarche doit être institutionnelle. L’État guinéen doit communiquer officiellement sur le sujet pour expliquer que ce sont les mines artisanales qui ont été fermées afin de s’appuyer sur des structures formelles, de sécuriser les sites miniers et de faire bénéficier le pays des retombées de ses ressources minières. L’État doit faire cette communication et indiquer clairement que la Guinée n’est pas en train de chasser les Burkinabè de son territoire. Quant aux citoyens sur les réseaux sociaux, ils doivent chercher la bonne information. Il ne faut pas se contenter de ce que disent des personnes situées au Burkina Faso ou au Mali qui ne savent pas ce qui se passe réellement en Guinée, puis relayer ces propos. Il faut éviter cela. Les Guinéens eux-mêmes doivent donner la bonne information aux ressortissants de ces pays afin que nous puissions continuer à vivre en harmonie avec nos voisins. La question de l’intégration en Afrique est primordiale : chaque citoyen doit pouvoir vivre en paix et en harmonie sur l’ensemble du territoire africain. Un Guinéen est libre de s’établir au Sénégal et un Malien est tout aussi libre de s’établir en Guinée, en toute sécurité et en toute quiétude. Maintenant, si ces personnes estiment que le travail pour lequel elles étaient venues est terminé et qu’elles souhaitent rentrer, c’est leur choix et on ne va pas les retenir. Mais il faut arrêter de dire que ce sont les Guinéens qui chassent les Burkinabè. La communication doit se faire au niveau étatique, au niveau de la société civile et au niveau des médias. »

Amara Simba SYLLA

Écrit par: Fatoumata Keita

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