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De plus en plus de jeunes filles s’adonnent aux petits métiers à Conakry. À Foulamadina, dans la commune de Sonfonia, Madeleine KOLIÉ et Christine BOLAMOU font la chaudronnerie, un métier pratiqué pour la plupart par des hommes. Un de nos reporters est allé ce samedi, 11 juillet 2026, à leur rencontre.
Après des échecs répétés à l’examen d’entrée en 7e Année, Madeleine KOLIÉ, âgée de 15 ans décide de faire la chaudronnerie.

« Ce qui m’a donné envie, c’est que j’aime ce travail. C’est pour cela que je le fais. Ça me plaît, c’est pour cela que je l’ai choisi et je m’y sens très à l’aise. Le travail est très dur, mais on prend courage, puisque c’est ce que j’ai décidé de faire. J’étais à l’école et j’ai passé l’examen d’entrée en 7ᵉ année à trois reprises, sans succès. C’est ainsi que j’ai décidé de me lancer dans ce métier. Je le pratique depuis la fin de l’année 2023. Ça m’intéresse vraiment. », a-t-elle exprimé.
Christine BOLAMOU, âgée de 16 ans a aussi arrêté les études en classe de 7e. Elle pratique actuellement la chaudronnerie malgré les stigmatisations dont elle se dit victime.

« Il arrive parfois que des gens se moquent de nous. Même hier, alors que nous étions en cours de route, une dame est venue nous dire : « Ce travail-là, c’est seulement pour vous fatiguer. Ce métier n’est pas fait pour les filles. Ce sont les garçons qui pratiquent ce métier. » Mais moi, comme je sais que cela m’intéresse, et même si j’ai été à l’école sans vraiment comprendre les cours, j’ai décidé de choisir ce métier. Je me suis arrêtée en 7ᵉ année, puisque l’école ne m’intéressait pas vraiment. Au début, mon père ne voulait pas que je fasse ce métier. Mais comme cela m’intéresse beaucoup, j’ai décidé de le choisir. », ajoute cette autre.
Christine BOLAMOU rêve grand. Cette chaudronnière ne fait pas attention à aux préjugés.
« Même si les gens se moquent de nous, en tout cas, ce n’est pas mon problème. C’est ce travail qui m’intéresse. Je vais prendre courage pour montrer aux autres filles qu’elles aussi peuvent pratiquer ce métier. Des difficultés, j’en rencontre, mais dès que j’ai décidé de commencer ce travail, j’en ai parlé à ma famille. Mon père a finalement accepté. Il m’a acheté tout le matériel nécessaire : des lunettes de sécurité, un casque, des vêtements de protection et tout ce qu’il fallait pour m’encourager à pratiquer ce métier. »
Ahissou BENOÎT est le maître de ces deux filles. Il Salue leurs engagements au quotidien.

« C’est difficile de voir une fille prendre le courage de choisir le métier de la chaudronnerie, considéré comme un travail réservé aux garçons. Mais aujourd’hui, nous vivons dans un monde moderne. Je remercie Dieu, car ces deux filles ont du courage.
J’ai plus de dix huit apprentis dans mon atelier, et elles ne sont que deux filles. Je les encourage et je leur fais confiance.
Comme on le dit, quand on a vraiment envie de faire quelque chose, on se donne les moyens d’y parvenir un jour. »
Ces filles invitent les autorités à faire plus pour l’insertion socio-professionnelle des filles et femmes en Guinée.
Alhassane CONDÉ
Écrit par: Samuel Demba DUOLAMOU
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