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Après plusieurs semaines de contrôle à Conakry et dans sept régions administratives, le ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation a livré ce vendredi 11 septembre les principales conclusions de sa mission auprès des radios et télévisions privées. Entre non-respect des cahiers des charges, difficultés liées aux agréments et précarité des journalistes, le département appelle les promoteurs à davantage de conformité et de responsabilité.
La restitution s’est tenue au siège de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT), à Koloma, en présence de responsables d’entreprises de presse.
Sur le terrain, les équipes de contrôle ont relevé plusieurs situations jugées non conformes aux obligations imposées aux médias privés. Parmi elles, 16 cas de relais de radios qui produisent et diffusent leurs propres contenus, alors que ces structures sont censées assurer uniquement la retransmission des programmes de leurs médias d’origine.
Autre constat : la difficulté pour plusieurs médias à présenter leurs conventions d’établissement. Sur près d’une centaine de radios et télévisions contrôlées, une vingtaine seulement ont pu présenter ce document lors du passage de la mission.
Pour le directeur national de la Communication et des Relations avec les médias privés, Boubacar Azoka Bah, ces situations renvoient à une exigence fondamentale : le respect du cahier des charges.
La question des agréments arrivés à échéance figure également parmi les dossiers sur lesquels le ministère entend agir. Les médias ayant cessé d’émettre depuis plusieurs années pourraient être concernés par cette démarche, avec pour objectif de récupérer des fréquences actuellement inutilisées.
« Il y a aujourd’hui plus d’une trentaine de demandes de radios et télévisions privées qui sont prêtes à s’installer. Pour que ces médias s’installent, il faut qu’il y ait une fréquence disponible », a expliqué Boubacar Azoka Bah.
Le ministère compte ainsi lancer une procédure de renouvellement des agréments. « À partir de la semaine prochaine, on va demander à tous les médias de nous adresser des correspondances pour renouveler les agréments », a-t-il déclaré.
Mais l’attribution de nouvelles fréquences ne devrait pas se limiter au respect des formalités administratives. Le département veut également s’assurer de la capacité des promoteurs à faire fonctionner durablement leurs entreprises de presse.
Au cours de cette restitution, la situation des journalistes a également été évoquée. Boubacar Azoka Bah a déploré des cas de professionnels qui ne seraient pas rémunérés, ainsi que des salaires jugés insuffisants dans certaines entreprises de presse.
« La prise en charge même des journalistes, ça pose problème. Moi, je suis journaliste de profession. C’est ce métier que j’ai exercé pendant plusieurs années. Mais nos journalistes, beaucoup ne sont pas payés. Ceux qui sont payés, sont mal payés. Il faut oser le dire », a-t-il déclaré.
Le responsable a également rappelé que les médias privés sont considérés comme de véritables entreprises, appelant leurs promoteurs à se donner les moyens de leur fonctionnement.
« Le général Mamadi Doumbouya a rappelé que vous êtes des entreprises de presse », a-t-il poursuivi, invitant les responsables des médias à prendre davantage en compte les conditions de travail de leurs journalistes.
Entre assainissement du paysage audiovisuel, gestion des fréquences et amélioration des conditions de travail, le ministère entend ainsi renforcer le suivi des médias privés et encadrer davantage leur développement.
Écrit par: Fatoumata Keita
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