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Seize morts à Djarabaka : le chauffeur entendu, le procès renvoyé au 28 juillet

today8 juillet 2026

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Le procès de Mamadou Saliou Diallo, poursuivi pour homicide involontaire et destruction de biens privés à la suite de l’accident de la circulation survenu à Djarabaka, s’est ouvert mardi 7 juillet 2026 devant le Tribunal de première instance (TPI) de Mamou. Le jeune chauffeur est poursuivi sur le fondement des articles 216, 217 et 523 du Code pénal, après le drame qui a coûté la vie à seize personnes dans la sous-préfecture de Konkouré.
Très attendue par les familles des victimes et l’opinion publique, cette première audience s’est déroulée dans une salle comble. Parents endeuillés, proches du prévenu, autorités religieuses et coutumières, représentants des syndicats de transport, chauffeurs, forces de défense et de sécurité ainsi que de nombreux citoyens ont assisté aux débats dans une atmosphère lourde d’émotion.
À la barre, le prévenu, âgé de 24 ans, a reconnu être à l’origine de l’accident, tout en affirmant qu’il ne s’agissait pas d’un acte volontaire. Interrogé par le président du tribunal, Mamadou Yaya Sow, sur les circonstances du drame, il a admis avoir roulé à une vitesse excessive au moment des faits.
Il a également rejeté les accusations selon lesquelles il aurait pris la fuite après l’accident, affirmant s’être présenté de lui-même aux autorités compétentes. Questionné sur une éventuelle consommation d’alcool, de boissons énergisantes ou d’autres substances avant de prendre le volant, il a déclaré n’avoir rien consommé.
Le ministère public a ensuite poursuivi l’interrogatoire avant que les parties civiles ne soient entendues.
L’un des moments les plus poignants de l’audience est intervenu lorsqu’un père de famille, ayant perdu son frère, l’épouse de celui-ci et leurs quatre enfants dans la catastrophe, soit six membres d’une même famille, s’est avancé à la barre. Submergé par l’émotion, il a demandé une indemnisation de trois milliards de francs guinéens en réparation du préjudice subi.
À l’issue des débats, le tribunal a renvoyé l’affaire au 28 juillet 2026 afin de permettre à NSIA Assurances, assureur du véhicule impliqué dans l’accident, de comparaître dans un délai de vingt jours.
Présent à l’audience, le président des ressortissants de Labé à Mamou, Dr Abdourahamane Tata Diallo, a salué l’ouverture du procès, qu’il considère comme une étape importante pour les familles des victimes. Il a appelé la justice à appliquer la loi avec rigueur et exhorté les conducteurs à davantage de prudence sur les routes.
Selon lui, la majorité des accidents de la circulation sont liés à l’indiscipline des conducteurs. Il a également plaidé pour un meilleur encadrement de la profession, une implication plus active des syndicats de transport et un renforcement des conditions d’obtention du permis de conduire.
Le secrétaire général des Transports et de la Mécanique générale de la CNTG, Mamadou Dian Barry, a lui aussi estimé que le chauffeur avait commis une faute. Il a toutefois rappelé que les syndicats multiplient les campagnes de sensibilisation auprès des conducteurs, tout en reconnaissant que ces efforts ne suffisent pas toujours à prévenir les comportements à risque.
Pour rappel, le drame de Djarabaka s’est produit le 29 juin 2026 dans la sous-préfecture de Konkouré, préfecture de Mamou. L’accident avait fait seize morts et plusieurs blessés, provoquant une vive émotion à travers le pays. Les victimes avaient été inhumées le même jour au cimetière du quartier Poudrière, dans la commune urbaine de Mamou.
Cette première audience marque une étape importante dans la quête de vérité et de justice pour les familles endeuillées. Le rendez-vous est désormais fixé au 28 juillet, une audience qui pourrait être décisive avec la comparution attendue de l’assureur, notamment sur les questions liées à l’indemnisation des victimes.

Écrit par: Fatoumata Keita

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