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Tayaki : entre montée des eaux, accès difficile et précarité, le quotidien des habitants se complique

today10 septembre 2026 11

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En saison sèche, Tayaki est l’une des plages les plus fréquentées de la banlieue de Conakry. Mais en cette saison des pluies, la montée des eaux complique le quotidien des habitants de cette localité de la commune de Sonfonia. Accès difficile, habitations exposées, activités perturbées : les riverains vivent au rythme des eaux.

À Tayaki, le paysage a bien changé. La montée des eaux laisse la plage et ses habitants dans une situation d’isolement. Plusieurs espaces de loisirs sont désormais délaissés et envahis par les crabes. Les jeunes du secteur y passent parfois du temps lorsqu’ils ne vont pas en mer.

Sous un cabaret à l’abandon, Ibrahima Sory Soumah partage son constat :

« L’eau peut envahir la localité et la traversée. Personne ne peut venir ici en ce moment. De part et d’autre de Tayaki, l’eau monte partout. Il y a trop de saleté. En cette saison de pluie, on ne peut rien faire ici. Il faut patienter la saison sèche. L’eau entre dans les comptoirs, dans les maisons, partout. »

Installé dans la localité depuis plus de 20 ans, Abdoulaye Yattara est pêcheur. Pour lui, la pêche, principale activité de nombreux habitants, fait face à plusieurs difficultés.

« L’activité principale ici c’est la pêche, donc le problème de poisson. L’autre difficulté, ce sont les toilettes. Nous n’avons pas de route non plus. Le quartier, la commune, tous sont au courant. »

Le pêcheur évoque également les difficultés liées au matériel. Sa pirogue, qu’il utilise pour travailler, est dépourvue de moteur.

« Vous voyez ma pirogue. Nous utilisons tous les mêmes types de filets que là-bas. Mais je n’en ai pas les moyens. J’ai fait naufrage l’année dernière et c’est maintenant que je gagne ce que vous voyez. Donc c’est avec ce matériel que je me débrouille. Si je trouve des crevettes, ça nourrit ma famille. Tout ce que vous voyez, ce sont des pirogues à pagaye, nous n’avons pas de moteur. S’il n’y a pas de vent, bien. C’est Dieu qui sauve. »

Les pêcheurs dénoncent la présence des bateaux d’extraction de sable

À ces difficultés s’ajoute la présence de bateaux utilisés pour l’extraction de sable marin. Sidibé, un autre pêcheur, affirme que ces engins endommagent régulièrement les filets et représentent un risque pour ceux qui travaillent en mer.

« Ces bateaux nous fatiguent énormément. Ils gâtent nos filets, il n’y a pas de remboursement. Nous avons été à leur base. Ils nous disent qu’ils ont acheté la partie, donc ils travaillent quand ils veulent. Il ne reste plus qu’à nous tuer. Par moment, il n’y a pas assez de distance entre ces bateaux et nous. La nuit, nous nous rétractons par ici. Pourtant nous payons les taxes. »

Sur la plage, les femmes pratiquent également le fumage de poisson. Mais là encore, l’état des infrastructures complique leur activité. Aminata Diallo appelle les autorités à intervenir, notamment sur la question de l’accès à Tayaki.

 

« Ils n’ont qu’à nous aider à avoir la route à Tayaki. En venant vous avez dû voir la route de la cité. Là-bas c’est encore pire. La route est complètement dégradée. Les motos ne peuvent pas y circuler. Quand tu portes du blanc, tu seras sali avec la boue. Il faut porter du noir. […] Il faut marcher à pied. Porter le maillot jusqu’à attendre la rive. »

Une école également touchée par les eaux

À quelques semaines de la rentrée scolaire annoncée, l’école primaire de Tayaki est elle aussi confrontée à la montée des eaux. Si la situation ne s’améliore pas, cette situation pourrait compliquer la reprise des cours pour les élèves.

À cette montée des eaux s’ajoute la pollution plastique, visible sur plusieurs parties de la plage.

Entre difficultés d’accès, perturbation des activités et exposition croissante aux eaux, les habitants de Tayaki tentent tant bien que mal de s’adapter à un environnement qu’ils jugent de plus en plus vulnérable aux effets du changement climatique.

Écrit par: Fatoumata Keita

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