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À compter du 1er avril 2026, la Société Nationale des Pétroles (SONAP) a dévoilé une nouvelle structure des prix des produits pétroliers. Si le tarif à la pompe reste inchangé pour le grand public, plusieurs secteurs stratégiques voient leurs coûts évoluer, révélant une politique tarifaire différenciée.
C’est une annonce qui était attendue, sinon redoutée. Finalement, pour les consommateurs guinéens, le statu quo est maintenu. Dans un document officiel publié par le Comité paritaire des prix des produits pétroliers, la Société Nationale des Pétroles (SONAP) confirme que le prix du litre d’essence et de gasoil reste fixé à 12 000 francs guinéens, aussi bien dans le réseau des stations-service que hors réseau.
Mais derrière cette stabilité apparente se cache une réalité plus nuancée. La nouvelle structure tarifaire introduit – ou plutôt confirme des écarts significatifs selon les secteurs d’activité.
Ainsi, le secteur minier, pilier de l’économie nationale, devra s’approvisionner en gasoil à 15 500 GNF le litre, tandis que les opérations dites exonérées et les soutes locales atteignent un niveau encore plus élevé, à 16 400 GNF. Des tarifs qui traduisent une volonté de l’État de rééquilibrer les mécanismes de subvention.
À l’inverse, certaines entités bénéficient de conditions plus avantageuses. Les ambassades, par exemple, accèdent à l’essence à 11 500 GNF, bien en dessous du prix public, même si le gasoil leur est facturé à 14 000 GNF. Le soutage international, quant à lui, affiche un tarif relativement bas à 11 900 GNF, sans doute pour préserver la compétitivité des activités maritimes.
Les entreprises publiques ne sont pas en reste. L’Électricité de Guinée (EDG) et la Société des Eaux de Guinée (SEG) voient leurs approvisionnements en gasoil respectivement fixés à 14 100 GNF et 14 300 GNF, des niveaux intermédiaires qui reflètent leur rôle stratégique dans la fourniture des services essentiels.

En maintenant le prix à la pompe inchangé, les autorités évitent une pression sociale immédiate dans un contexte économique déjà sensible. Mais la différenciation des tarifs selon les usages souligne une orientation claire : mieux cibler les subventions tout en ajustant les charges des secteurs jugés les plus solvables.
Reste à savoir si cette architecture tiendra face aux fluctuations du marché international des hydrocarbures et aux réalités économiques locales. Une équation délicate que les autorités devront continuer de gérer avec prudence.
Écrit par: Fatoumata Keita
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