Guinée Politique

Affaire Badra Koné : la garde à vue relance le débat sur l’immunité des candidats en Guinée

today26 avril 2026 28

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L’ancien président de la délégation spéciale de Matam, Badra Koné, a été placé en garde à vue à la Direction centrale de la police judiciaire (DPJ) depuis le jeudi 23 avril. Il est entendu aux côtés de M. Sano, receveur de la commune, à l’issue de leur audition à l’ORDEF, selon des sources concordantes.

D’après les informations recueillies, les deux hommes ont été interpellés puis conduits à la DPJ, où ils restent en attente de leur présentation devant le procureur spécial, prévue ce lundi, pour être fixés sur leur sort.

Cette interpellation, qui suscite de vives réactions, relance le débat sur le statut juridique des candidats en période électorale. En effet, bien que la candidature de Badra Koné ait été validée par la Direction générale des élections (DGE), elle n’a pas encore été entérinée par la juridiction compétente, notamment le Tribunal de première instance de Mafanco.

Or, l’article 66 du code électoral dispose :
« Aucune poursuite ne peut être exercée contre un candidat avant la proclamation des résultats du scrutin, sauf en cas de flagrant délit. »

Toutefois, avant l’ouverture officielle de la campagne et la validation définitive des candidatures par les juridictions de ressort, ce statut de « candidat » reste juridiquement fragile. Une candidature peut encore être rejetée, ce qui rend l’application de cette disposition contestable à ce stade.

Par ailleurs, cette interpellation intervient dans un contexte de renforcement des enquêtes sur la gestion des collectivités locales de Conakry. Selon des informations rapportées par des confrères, le Procureur spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a instruit les inspecteurs financiers de transmettre sans délai les rapports de gestion des 13 communes de la capitale.

Dans ce cadre, la gestion de la commune de Matam, sous l’autorité de Badra Koné, fait l’objet d’une attention particulière. Plusieurs opérations financières d’envergure seraient dans le viseur des enquêteurs, notamment une subvention de plus de 25 milliards de francs guinéens destinée à des projets d’infrastructures pour les travailleurs de la commune.

Sont également cités un contrat de plus de 7 milliards de francs guinéens pour l’aménagement d’un parking privé au sein de la mairie, attribué à un opérateur sénégalais, ainsi qu’un autre marché estimé à 8 milliards de francs guinéens portant sur la construction de boutiques en partenariat avec un acteur somalien.

À ce stade, il n’est pas établi si ces différents dossiers sont directement liés à la garde à vue en cours. Toutefois, la concomitance des faits laisse entrevoir une possible extension des investigations, dans un contexte marqué par une intensification de la lutte contre les infractions économiques et financières en Guinée.

Écrit par: Fatoumata Keita

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