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L’artiste Hadiatou Bah, connue sous le nom de scène Hadya, ainsi que les créateurs de contenus Ahmed Saadate Diallo, alias Saad le Provocateur, et Mamadou Alpha Baldé, dit SoproAlpha, vont poursuivre leur détention à la maison centrale de Conakry.
Leur procès s’est poursuivi ce mercredi devant le Tribunal de première instance de Dixinn. Après quelques minutes de débats, le président du tribunal, Mohamed Sangaré, avait ordonné leur mise en liberté provisoire. Une décision qui n’aura finalement duré que quelques instants. Le procureur de la République a immédiatement interjeté appel, entraînant le maintien en détention des trois prévenus.
À l’issue de l’audience, les accusés ont été reconduits à la maison centrale. Une décision que déplore la défense.
« C’est une déception dans la mesure où le procureur de la République vient de relever appel contre la décision de mise en liberté du président du tribunal. Donc, nos clients ne sortiront pas de prison », a réagi Me David Béavogui, l’un des avocats de la défense.
L’avocat estime que la détention de ses clients est contraire aux dispositions du Code de procédure pénale. « Nous allons continuer de nous battre pour démontrer au procureur que leur détention au-delà de quatre semaines constitue une violation de l’article 465 du Code de procédure pénale. Nous sommes en matière de flagrant délit », a-t-il soutenu.
Me Béavogui a également contesté le fond des accusations portées contre Hadya. Selon lui, l’utilisation d’un pseudonyme artistique ne saurait constituer une infraction.
« Une personne qui se fait appeler « Bandit » utilise simplement un nom de scène. Pourquoi en faire un problème ? Aux États-Unis, il existe des artistes mondialement connus comme Snoop Dogg ou encore Alpha Blondy. On ne peut pas considérer qu’un pseudonyme constitue à lui seul une infraction », a-t-il déclaré.
Concernant les accusations de proxénétisme et d’atteinte à l’ordre public, l’avocat affirme qu’aucun élément tangible ne permet de les étayer.
« Les propos qui lui sont reprochés n’ont jamais été prouvés. Il n’y a ni victime ni plaignant. En quoi ces déclarations auraient-elles troublé l’ordre public, la tranquillité publique ou la salubrité publique ? Il n’y en a pas. C’est un dossier vide », a-t-il martelé.
Au cours de l’audience, les parties se sont accordées sur la jonction des dossiers, une demande acceptée par le tribunal. Une décision que la défense juge conforme aux principes de procédure.
« Le complice d’une infraction ne peut pas être jugé en l’absence de l’auteur principal. Nous nous sommes opposés à cette démarche et le tribunal nous a suivis », a expliqué Me David Béavogui.
L’affaire a été renvoyée au 17 juin 2026 pour la poursuite des débats.
Amara Simba SYLLa
Écrit par: Fatoumata Keita
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