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Rafiou Sow face aux accusations relancées dans une affaire criminelle au Canada

today8 juin 2026 31

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Une enquête journalistique relance une affaire criminelle non résolue qui remonte à 2007 au Canada. Le président du Parti du renouveau et du progrès (PRP), Rafiou Sow, est présenté comme le principal suspect dans le meurtre de son épouse, une Québécoise retrouvée poignardée à mort. Face aux questions d’une journaliste canadienne venue jusqu’à Conakry, l’homme politique guinéen nie toute implication et même toute relation avec la victime.

Près de vingt ans après le meurtre de Rachelle Wrathmall à Lennoxville, au Québec, l’affaire continue de hanter les enquêteurs canadiens. Au centre des soupçons figure aujourd’hui encore Rafiou Sow, homme politique guinéen et président du Parti du renouveau et du progrès (PRP), que la Sûreté du Québec souhaite toujours entendre dans le cadre de cette enquête jamais élucidée.

L’affaire refait surface à la faveur d’une enquête de la journaliste canadienne Isabelle Hachey, publiée par le quotidien La Presse. Pour retrouver la trace du principal suspect, la journaliste s’est rendue jusqu’à Conakry, où Rafiou Sow a refait sa vie après son départ du Canada.

Dans une vidéo diffusée par le média, l’entretien débute dans une atmosphère détendue. Présenté comme une discussion portant sur la situation sociopolitique guinéenne, l’échange permet à Rafiou Sow d’évoquer brièvement son parcours à l’étranger.

Mais le ton change rapidement lorsque la journaliste aborde son passé canadien et sa demande d’asile. Selon l’enquête de La Presse, Rafiou Sow aurait sollicité le statut de réfugié au Canada au début des années 2000, affirmant craindre pour sa sécurité en Guinée. Une version qu’il conteste fermement.

« Non, pas du tout. Je n’ai jamais fait une demande d’asile particulière », répond-il, affirmant que ses préoccupations sécuritaires ne sont apparues qu’à partir de son engagement politique en Guinée.

La journaliste rappelle alors que les enquêteurs de la division des crimes non résolus de la Sûreté du Québec demeurent convaincus de son implication dans la mort de Rachelle Wrathmall, retrouvée poignardée à son domicile de la rue Downs, à Lennoxville, le 29 juin 2007.

Selon les éléments rapportés par La Presse, la police estime que les preuves circonstancielles sont accablantes. L’enquête soutient notamment que Rafiou Sow aurait loué une voiture aux États-Unis le soir du meurtre, traversé clandestinement la frontière canadienne, puis rejoint le domicile de la victime. Après les faits, il aurait abandonné le véhicule de Rachelle près de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal avant d’acheter un billet d’avion payé comptant à destination de Casablanca.

Malgré ces soupçons, aucune accusation criminelle n’a été portée contre lui jusqu’à présent.

Interrogé sur son lien avec la victime, Rafiou Sow va jusqu’à nier avoir été son époux.

« Je n’ai jamais été marié à une dénommée Rachelle. Nous discutons de politique. Vous m’aviez dit que nous parlerions de la situation sociopolitique du pays. Je pense avoir le droit de répondre aux questions que je veux », déclare-t-il avant de mettre un terme à l’entretien, invoquant un autre rendez-vous.

Pourtant, plusieurs éléments rapportés par les médias canadiens contredisent cette version. Selon La Tribune, Rachel Wrathmall et Alpha Oumar Rafiou Sow se sont mariés en août 2006. La jeune femme parrainait son époux dans le cadre de ses démarches pour obtenir un statut légal au Canada. Cette demande aurait toutefois été rejetée par les autorités canadiennes de l’immigration.

Mieux, depuis que l’affaire a été révélé au grand public, des photos deux personnes font le tour des réseaux sociaux, interrogeant le lien entre elles.

Les proches de la victime continuent eux aussi de s’interroger sur le comportement de celui qui demeure le principal suspect aux yeux de nombreux observateurs. Citée par La Tribune, Paraskévi Mazarakiotis souligne notamment que Rafiou Sow n’aurait jamais contacté la famille de son épouse après sa mort. « Sow était marié à Rachel. Rachel est morte et jamais, jamais son mari n’a contacté qui que ce soit dans sa famille pour en parler. C’est un peu étrange, non ? », s’interroge-t-elle.

Dans les heures ayant suivi la découverte du corps, la voiture de Rachel Wrathmall avait été retrouvée à proximité de l’aéroport de Montréal, un élément qui demeure au cœur de l’enquête.

En Guinée, les révélations suscitent de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, mais également dans les milieux judiciaires. Plusieurs observateurs s’interrogent désormais sur les possibilités de poursuites sur le territoire guinéen.

L’avocat Me Paul Lazard Joachim Gbilimou rappelle qu’en vertu de l’article 759 du Code de procédure pénale, un ressortissant guinéen poursuivi pour un crime commis à l’étranger peut être jugé en Guinée.

« L’extradition de Monsieur Sow vers le Canada ne constitue donc pas une condition préalable à l’exercice des poursuites », souligne-t-il.

Cette hypothèse prend d’autant plus de poids qu’il n’existe pas de traité d’extradition entre le Canada et la Guinée, une situation relevée depuis plusieurs années par les médias canadiens et qui complique toute éventuelle remise de Rafiou Sow aux autorités judiciaires du Québec.

À ce jour, ni le PRP ni Rafiou Sow n’ont officiellement communiqué davantage sur cette affaire. Quant aux autorités judiciaires guinéennes, elles ne se sont pas encore exprimées sur l’éventualité d’une ouverture de procédure.

Près de vingt ans après les faits, l’affaire Rachelle Wrathmall dépasse désormais le cadre d’un simple fait divers non résolu au Canada. Elle pose une question juridique et politique majeure : la justice guinéenne est-elle prête à se saisir d’un dossier criminel aussi sensible, dont le principal suspect réside sur son territoire, alors même que les autorités canadiennes n’ont jamais cessé de rechercher la vérité sur la mort de la jeune Québécoise ?

Écrit par: Fatoumata Keita

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