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À quelques heures de la date anniversaire de la prise du pouvoir par le CNRD, le président Mamadi Doumbouya a réaffirmé, jeudi en Conseil des ministres, les exigences qu’il entend imposer dans la mise en œuvre de la Refondation. Discipline dans l’exécution, qualité de la dépense publique, maturation des projets, contenu local et présence sur le terrain : le chef de l’État veut désormais davantage de rigueur dans l’action gouvernementale.
« Nous sommes quarante-huit heures du 5 septembre. Cette date nous rappelle d’où nous venons et, surtout, ce que nous continuons à faire pour le bien-être de nos populations », a déclaré Mamadi Doumbouya lors du Conseil des ministres qu’il a présidé jeudi.
Cinq ans après la prise du pouvoir par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), le président guinéen estime que la Refondation doit désormais se traduire par des résultats concrets. Pour lui, elle ne peut se limiter à un discours politique.
« La Refondation n’est pas un slogan : c’est un contrat que nous avons passé avec le peuple souverain de Guinée », a-t-il martelé, présentant Simandou 2040 comme « la traduction opérationnelle » de cette ambition.
Le chef de l’État insiste également sur le caractère national de ce programme. « Ce programme n’appartient ni à un homme, ni à un gouvernement, ni à une législature. Il appartient à la Nation. Il engage les générations qui viennent », a-t-il souligné, estimant que cette portée impose une exécution sans approximation.
Une discipline renforcée dans l’exécution
Première exigence annoncée par Mamadi Doumbouya : la discipline dans l’exécution des projets et des réformes inscrits dans le portefeuille de Simandou 2040.
Désormais, chaque projet devra être suivi à travers des jalons et des échéances précis. Le président demande, à compter de septembre, la mise en place d’un tableau de bord mensuel d’exécution physique et financière, qui devra être transmis au Secrétariat général du Gouvernement et au Comité stratégique de Simandou.
Les taux d’exécution devront également être examinés en Conseil des ministres.
« Chaque franc guinéen engagé doit produire un résultat »
Deuxième exigence : la qualité de la dépense publique.
Alors que la Guinée a mobilisé d’importants financements auprès du secteur privé pour accompagner ses projets de développement, le président estime que cette confiance impose une responsabilité particulière à l’État.
« Chaque franc guinéen engagé doit produire un résultat visible, mesurable et vérifiable », a-t-il affirmé.
Mamadi Doumbouya prévient ainsi qu’il ne tolérera « ni le gaspillage, ni la dépense de prestige, ni les marchés attribués en marge des procédures ».
Fin aux projets insuffisamment préparés
La troisième exigence concerne la maturation des projets.
Le président veut qu’aucun nouveau projet ne soit inscrit ou financé sans une étude de faisabilité complète, un montage juridique sécurisé et un plan de maintenance.
Une exigence qui s’appuie, selon lui, sur les erreurs du passé. « Nous avons trop souvent, par le passé, inauguré ce que nous n’étions pas en mesure d’entretenir », a-t-il regretté.
Donner davantage de place aux Guinéens
Quatrième axe : le contenu local et l’emploi des Guinéens.
Pour le chef de l’État, les investissements mobilisés dans le cadre du développement du pays doivent également profiter directement aux populations guinéennes, notamment à travers la formation, l’emploi et le transfert de compétences.
Il cite notamment la Simandou Academy, présentée comme un levier de développement des compétences.
Mamadi Doumbouya demande par ailleurs un point d’étape trimestriel sur les engagements en matière de contenu local pris par chacun des partenaires de la Guinée.
Des ministres attendus sur le terrain
Enfin, la cinquième exigence porte sur la présence des membres du gouvernement sur le terrain.
« Un ministre ne gouverne pas depuis son bureau », a lancé le président de la République.
Il demande aux ministres d’être présents sur les chantiers, mais aussi dans les préfectures, sous-préfectures, districts et villages, afin d’aller à la rencontre des populations.
À travers ces cinq exigences, Mamadi Doumbouya entend ainsi donner une nouvelle impulsion à la mise en œuvre de la Refondation, à l’approche du 5 septembre. Le président rappelle que Simandou 2040 dépasse, selon lui, les échéances politiques et gouvernementales et doit engager la Guinée sur le long terme.
« Il appartient à la Nation. Il engage les générations qui viennent », a-t-il insisté.
Écrit par: Fatoumata Keita
today3 septembre 2026 44 3
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