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Les défenseurs de l’environnement saluent la décision du gouvernement d’interdire l’exploitation artisanale de l’or en Guinée. C’est notamment le cas d’Ibrahima Kalil Diakité, président de l’Association Guinéenne pour le Développement Durable et la Protection des Écosystèmes (AGDDPE). Selon lui, cette mesure permet de protéger les ressources en eau dont dépendent près de 500 millions de personnes en Afrique de l’Ouest.
Lors d’une interview exclusive accordée à notre rédaction ce samedi 7 novembre 2026, Ibrahima Kalil Diakité s’est réjoui de cette décision des autorités guinéennes.
« Aujourd’hui, le travail engagé par les autorités sous l’égide du général Mamadi Doumbouya est immense. Cela met en avant la responsabilité de tous les Guinéens, et nous avons le devoir de soutenir cette initiative. Il est primordial d’exposer les arguments qui justifient cette mesure impérative. C’est une décision non négociable, prise dans l’intérêt général. Elle ne concerne pas seulement les 17 millions de Guinéens, mais près de 500 millions de personnes », a-t-il déclaré.
L’environnementaliste a également souligné la dimension transfrontalière de la menace environnementale :
« Si cette activité n’est pas interdite, c’est l’ensemble du réseau hydrographique régional qui sera pollué. Des pays comme le Mali, le Burkina Faso, le Bénin ou le Nigeria dépendent directement du fleuve Niger. Or, c’est précisément dans le bassin du Niger que se concentrent ces exploitations artisanales. Soutenir cette décision est un devoir patriotique : lorsque l’intérêt collectif est menacé, chacun doit se lever pour appuyer les autorités. »
Un impact majeur sur l’eau, l’énergie et l’agriculture
Le président de l’AGDDPE a également insisté sur les conséquences dévastatrices de l’orpaillage clandestin sur l’agriculture et la production énergétique du pays.
« Tout le monde s’est réjoui de la finalisation des barrages de Kaléta et de Souapiti. Mais ce n’est pas l’or qui fait tourner ces barrages ! Et leurs retombées pour l’économie nationale dépassent de loin ce que peut rapporter un kilo d’or. De plus, l’exploitation artisanale menace directement l’agriculture, qui dépend de la pluviométrie », explique-t-il.
Il prévient également contre les risques d’une crise systémique :
« Sans eau, il n’y aura plus d’électricité, et sans électricité, le tissu industriel s’arrêtera. Pourquoi poursuivre des pratiques destructrices sous prétexte de développement ? De nombreux pays se développent très bien sans ressources minières. L’agriculture permet d’enrichir durablement les citoyens et d’alimenter les recettes fiscales de l’État. Mais si nous n’avons plus de terres cultivables ni d’eau propre, tout s’effondre. Pour préserver notre avenir, la protection de l’eau doit être la priorité absolue », conclut-il.
Amara Simba SYLLA
Écrit par: Fatoumata Keita
today5 novembre 2026 47 3
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