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Le renforcement de l’accès à la justice pour les personnes vulnérables en Guinée est au cœur d’une étude menée entre 2019 et 2026 auprès de 1 894 détenus dans six préfectures ainsi qu’à Conakry. Présentée ce jeudi, 14 mai à la presse, l’enquête met également en évidence plusieurs dysfonctionnements de la chaîne pénale guinéenne.
Cette étude a été réalisée par un groupe de consultants sous la bannière de l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH).
Selon les enquêteurs, plusieurs cas de détention préventive prolongée ont été recensés. Mamadou Malal Diallo, l’un des consultants ayant participé à l’étude, cite quelques exemples.

« Le 8 janvier 2026, au tribunal ad hoc de Dixinn, certaines personnes placées sous mandat de dépôt depuis le 17 août 2016 pour vol à main armée ont comparu pour la première fois. Cela représente près de dix ans de détention provisoire.
Le 30 octobre 2024 également, le procureur général près la Cour d’appel de Conakry a ordonné la mise en liberté de huit détenus de la Maison centrale de Conakry, incarcérés depuis 2008. Ils avaient passé 16 ans en détention préventive sans avoir été jugés ni même présentés devant un juge d’instruction. », a-t-il dénoncé.
Le juriste a aussi présenté le bilan de l’étude.
« Les données ont été collectées à Conakry, Coyah, Dubréka, Forécariah, Kindia, Mamou et Labé. Au total, nous avons recensé 1 894 prévenus dans les différentes juridictions concernées. », a-t-il expliqué.
Pour améliorer le fonctionnement du système judiciaire guinéen, plusieurs recommandations ont été formulées à l’endroit de l’État.
« Il faut engager une réforme globale et progressive de la politique pénale afin de réduire les abus et redorer l’image de la justice. Cela passe notamment par la modernisation des infrastructures, l’opérationnalisation des fonds destinés au secteur judiciaire, le respect strict des délais procéduraux ainsi que la mise en place d’un système adapté aux réalités locales et conforme aux normes relatives aux droits humains et à la justice pénale. », a ajouté ce défenseur des droits humains.
Dans cette même étude, les initiateurs demandent également aux autorités judiciaires de veiller au respect des délais de détention préventive et de garde à vue sur l’ensemble du territoire national.
Amara Simba SYLLA
Écrit par: Samuel Demba DUOLAMOU
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