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Liberté de la presse en Guinée : Cellou Dalein Diallo dénonce une « dégradation inquiétante »

today3 mai 2026

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À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée ce 3 mai, Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre, a dressé un constat alarmant de la situation en Guinée, dénonçant une régression continue de cette liberté fondamentale.

Dans une déclaration publiée sur sa page Méta, il souligne que « la situation de cette liberté fondamentale est particulièrement préoccupante en Guinée ». S’appuyant sur le dernier classement de Reporters sans frontières, il rappelle que « la Guinée est passée du 78e rang en 2024 au 103e rang en 2025, puis au 111e rang en 2026 », illustrant selon lui une « forte dégradation ».

Cellou Dalein Diallo attribue cette régression à « une multiplication des atteintes à la liberté d’informer », évoquant notamment « les censures arbitraires, le brouillage de signaux, les restrictions d’accès à des sites d’information indépendants et les pressions constantes sur les professionnels des médias ».

L’ancien chef du gouvernement pointe également du doigt la Haute Autorité de la communication (HAC), qu’il accuse de manquer d’indépendance. Selon lui, l’organe de régulation « se comporte plutôt comme un instrument servile des autorités de la transition », allant jusqu’à « sanctionner les voix dissonantes et entraver le pluralisme de l’information ».

Dans ce climat, poursuit-il, « les journalistes qui veulent conserver leur liberté de ton sont exposés à de graves menaces », citant « intimidations, suspensions, disparitions forcées, poursuites et condamnations arbitraires ». Une situation qui contraint, d’après lui, de nombreux professionnels « à se taire ou à prendre le chemin de l’exil ».

Cellou Dalein Diallo évoque également des cas qu’il juge emblématiques, notamment celui du père du journaliste Babila Keïta. « Il a été kidnappé et est porté disparu depuis sept mois, en raison des critiques formulées par son fils depuis l’étranger sur la gouvernance de la junte », affirme-t-il.

Face à cette situation, l’opposant appelle à une réaction urgente : « Cette situation appelle une prise de conscience urgente et une mobilisation collective pour restaurer dans notre pays la liberté de la presse », qu’il qualifie de « pilier essentiel de la démocratie et de l’État de droit ».

 

Écrit par: Fatoumata Keita

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