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Rapatriement de Guinéens de Mauritanie : entre soulagement et récits d’exil

today15 avril 2026 27

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Au total, 122 ressortissants, dont 33 femmes et 65 enfants, ont regagné le pays après, pour certains, plusieurs décennies passées à l’étranger.

Après 65 années loin de sa terre natale, son retour en Guinée prend des allures de renaissance.

« Je suis rentré chez moi aujourd’hui après 65 ans passés en Mauritanie. Je remercie le Bon Dieu. C’était écrit que je reviendrais un jour en Guinée », a-t-il confié, visiblement ému, exprimant également sa reconnaissance au président Mamadi Doumbouya.

Une histoire ancrée dans la solidarité post-indépendance

Dans un témoignage chargé d’histoire, le centenaire rappelle que leur présence en Mauritanie ne relevait pas d’un choix personnel. Selon lui, plusieurs Guinéens avaient été envoyés dans les premières années post-indépendance par Ahmed Sékou Touré, à la demande de son homologue Moktar Ould Daddah, pour soutenir le développement du pays.

« Nous n’étions pas des migrants ni des réfugiés. Nous avons été envoyés pour une mission de solidarité entre États. Nous étions des sage-femmes, des infirmiers, des artistes », a-t-il expliqué, évoquant également des figures comme Keïta Fodéba.

Installé durablement en Mauritanie, Mamadou Saliou Diallo y a fondé une famille nombreuse, dont certains membres servent aujourd’hui dans l’armée mauritanienne. Malgré cet enracinement, le lien avec la Guinée n’a jamais été rompu.

Joie du retour, mais inquiétudes persistantes

À leur descente d’avion, les scènes de liesse traduisaient le soulagement des rapatriés. Mariama Djélo Bah, l’une d’entre eux, n’a pas caché son émotion :
« Vive le Général Mamadi Doumbouya ! […] Dieu merci, nous sommes bien rentrés ».

Mais derrière cette joie, les témoignages révèlent une réalité plus préoccupante. Elle décrit des conditions de vie difficiles pour les Guinéens restés en Mauritanie : absence de documents administratifs, accès limité à l’éducation pour les enfants, peur constante d’arrestations et de refoulement vers Rosso.

« Les enfants n’ont souvent pas accès à l’école faute de papiers. Beaucoup vivent dans la peur d’être arrêtés », a-t-elle dénoncé.

Un appel à poursuivre les rapatriements

Face à cette situation, Mariama Djélo Bah appelle les autorités guinéennes à intensifier les opérations de rapatriement.
« Beaucoup souhaitent rentrer, mais n’en ont pas les moyens », a-t-elle plaidé.

Ce retour collectif met ainsi en lumière une page méconnue de l’histoire migratoire guinéenne, entre solidarité passée, exil prolongé et espoir de réintégration.

Écrit par: Fatoumata Keita

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