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Affaire Bella Bah : le TPI de Dixinn rendra sa décision le 19 août 

today17 août 2026 12

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Le procès de l’activiste et entrepreneur Bella Bah s’est tenu ce lundi 17 août 2026 devant le Tribunal de première instance de Dixinn. Poursuivi pour injure et diffamation, le prévenu a reconnu une erreur et exprimé ses regrets, tout en contestant avoir directement visé le Premier imam de Conakry, El Hadj Mamadou Saliou Camara. Le ministère public a requis un an d’emprisonnement. La défense, elle, sollicite la relaxe. Le délibéré est fixé au 19 août. 

À la barre du Tribunal de première instance de Dixinn, Bella Bah a été interrogé ce lundi sur les publications qui lui valent des poursuites pour des faits présumés d’injure et de diffamation.

Face aux questions du procureur sur l’identité de la personne visée par ses publications, l’activiste a contesté avoir explicitement cité le Premier imam de Conakry, El Hadj Mamadou Saliou Camara.

« Non Monsieur le procureur. Il n’y a pas une publication où il est écrit El Hadj Mamadou Saliou Camara. Surtout sur la publication qu’on me reproche. Je me suis adressé aux religieux en général », a-t-il déclaré.

« Je voulais le critiquer, mais pas l’injurier » 

Bella Bah a également nié toute intention d’injurier le dignitaire religieux, tout en reconnaissant avoir voulu critiquer certains comportements.

« Il n’y a pas de place aux injures sur mon compte. Je n’ai jamais eu une intention d’injurier. Le critiquer, oui. Mais pas l’injure, non », a-t-il affirmé.
Invité à revenir sur les termes employés dans la publication incriminée, le prévenu a reconnu avoir utilisé plusieurs qualificatifs, notamment « malhonnête » et « manipulateur ».

Il a expliqué ne pas avoir mesuré, au moment des faits, la portée juridique de ses propos.

« En tant qu’intellectuel, je n’ai pas vu sous l’angle de l’injure », a-t-il notamment déclaré, évoquant son intérêt pour les débats politiques et l’actualité internationale.

L’imam ne porterait pas plainte 

Au cours de l’audience, les avocats de Bella Bah ont soutenu que le Premier imam El Hadj Mamadou Saliou Camara avait déclaré, lors de son audition devant les enquêteurs, qu’il ne portait pas plainte contre leur client.

Selon la défense, l’imam a même demandé à la justice de pardonner à Bella Bah, après lui avoir lui-même pardonné.

Le tribunal a procédé à la lecture du procès-verbal de l’audition réalisée lors de l’enquête préliminaire.

À l’issue de cette lecture, Bella Bah a salué l’attitude du Premier imam.
« Je le remercie pour sa sagesse. La raison qu’on soit musulman, c’est de prendre de la hauteur. Je pense qu’on peut s’en tenir à cela », a-t-il déclaré.
Interrogé sur la possibilité de présenter directement ses regrets à l’imam s’il se retrouvait face à lui, Bella Bah a répondu par l’affirmatif.

Après la clôture des débats, le ministère public a présenté ses réquisitions et requis un an d’emprisonnement contre Bella Bah.

La défense a, pour sa part, plaidé la relaxe de son client. À titre subsidiaire, les avocats ont demandé au tribunal de lui accorder de larges circonstances atténuantes et, en cas de condamnation, de prononcer une peine assortie du sursis.

« C’est une erreur que je n’ai pas l’intention de reproduire » 

Dans sa prise de parole à la barre, Bella Bah a reconnu avoir commis une erreur et exprimé des regrets.
« Je reconnais que c’est une erreur que je n’ai pas l’intention de reproduire à ma sortie. C’est un profond regret », a-t-il déclaré.

Dans son dernier mot, l’entrepreneur a également demandé au tribunal de tenir compte de son parcours et de son engagement en faveur de la jeunesse.

« Je suis un entrepreneur et un Guinéen qui aime son pays. Je me bats pour l’éducation et pour inspirer les jeunes. Je forme plus de 400 élèves et j’encadre une trentaine de personnes. Je n’ai jamais eu l’intention d’injurier, de calomnier ou de diffamer qui que ce soit. Mes propos ont peut-être été mal interprétés. Je demande au tribunal de tenir compte de mon parcours et de me permettre de continuer à éduquer, à encadrer et à inspirer les jeunes », a-t-il plaidé.

À l’issue des débats, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le mercredi 19 août 2026.

Écrit par: Fatoumata Keita

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