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Les discours les plus longs de l’histoire de l’ONU 

today24 septembre 2026

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À l’Assemblée générale des Nations unies, les États sont invités à limiter leurs interventions à 15 minutes. Une consigne qui n’a pourtant pas toujours été respectée. Dans les archives de l’ONU, plusieurs allocutions ont largement dépassé cette durée, dont celle du Guinéen Sékou Touré, qui figure parmi les plus longues interventions chronométrées de l’Assemblée générale.

Prendre la parole à la tribune des Nations unies est un exercice généralement encadré par le temps. Pour permettre aux représentants des 193 États membres de s’exprimer lors du débat général, la durée indicative et volontaire d’une intervention est fixée à 15 minutes. Dans les faits, cette limite est régulièrement dépassée.

Les archives de l’ONU conservent ainsi la trace de plusieurs interventions particulièrement longues. L’une d’elles appartient à un président guinéen.

Krishna Menon, plus de huit heures devant le Conseil de sécurité

Le record le plus long recensé à l’ONU revient à V.K. Krishna Menon, représentant de l’Inde.

En janvier 1957, alors que le Conseil de sécurité examine la question du Cachemire, le diplomate indien intervient au cours de trois séances, les 23 et 24 janvier. Selon les relevés des séances de l’ONU, l’ensemble de son intervention s’étend sur plus de huit heures.

Ce cas est toutefois à distinguer des records de l’Assemblée générale :

Krishna Menon s’exprimait devant le Conseil de sécurité, et non devant l’Assemblée générale.
Fidel Castro détient le record à l’Assemblée générale
Pour l’Assemblée générale, le record revient à Fidel Castro.

Le 26 septembre 1960, le dirigeant cubain prend la parole lors de la 872e séance plénière. Son intervention dure 269 minutes, soit 4 heures et 29 minutes.

Il s’agit, selon les archives de l’ONU, du plus long discours chronométré de l’histoire de l’Assemblée générale. Un an après la révolution cubaine, Castro consacre une grande partie de son intervention à dénoncer l’impérialisme américain et les ingérences des États-Unis en Amérique latine.

Sékou Touré, deuxième plus longue intervention chronométrée
Quelques semaines plus tard, c’est au tour de la Guinée de marquer l’histoire des longues interventions à l’Assemblée générale.
Le 10 octobre 1960, le président guinéen Ahmed Sékou Touré prononce une allocution qui dure 144 minutes, soit 2 heures et 24 minutes.

Cette intervention le place parmi les plus longues jamais chronométrées dans les archives historiques de l’Assemblée générale. Elle intervient dans le contexte particulier de l’année 1960, marquée par l’accession à l’indépendance de nombreux pays africains et par les débats sur la décolonisation.

Khrouchtchev et Soekarno dans le cercle des discours fleuves

L’année 1960 concentre plusieurs autres interventions exceptionnellement longues.
Le 23 septembre 1960, le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev s’exprime pendant 140 minutes, soit 2 heures et 20 minutes.
Quelques jours plus tard, le 30 septembre 1960, le président indonésien Soekarno prononce son discours intitulé To Build the World Anew (« Construire le monde à nouveau »). Son intervention dure 121 minutes, soit 2 heures et 1 minute.

Des records qui appartiennent à une autre époque

Ces longues interventions contrastent fortement avec le fonctionnement actuel des débats internationaux.

La règle 72 du règlement de l’Assemblée générale permet à celle-ci de fixer une limite à la durée des interventions. Lorsque le débat est limité et qu’un orateur dépasse le temps qui lui est accordé, le président doit le rappeler à l’ordre.

Lors du débat général, la limite de 15 minutes est toutefois présentée comme une durée indicative et volontaire, et l’ONU reconnaît qu’elle est rarement respectée à la lettre.

En 2026, certaines réunions de haut niveau sont même soumises à des limites beaucoup plus strictes. Pour plusieurs rencontres organisées en marge du débat général de la 81e session, le président de l’Assemblée générale a annoncé des interventions limitées à trois minutes pour les États s’exprimant à titre national et cinq minutes pour les groupes d’États, avec une coupure automatique du microphone.

Des huit heures de Krishna Menon aux 4 heures et 29 minutes de Fidel Castro, en passant par les 2 heures et 24 minutes de Sékou Touré, les archives de l’ONU témoignent ainsi d’une époque où certains dirigeants pouvaient occuper la tribune pendant plusieurs heures pour défendre leurs positions devant la communauté internationale.

Écrit par: Fatoumata Keita

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