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« Correct the Map » : pourquoi l’Afrique paraît-elle plus petite qu’elle ne l’est ? L’ONU veut corriger l’image 

today5 septembre 2026 5

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L’Assemblée générale des Nations unies a adopté vendredi 4 septembre une résolution portée par le Togo au nom du Groupe africain, appelant à une représentation cartographique plus fidèle des superficies réelles des continents. Une initiative qui remet en question la place dominante de la projection de Mercator et met particulièrement en lumière la sous-représentation visuelle de l’Afrique. 

Regardez une carte classique du monde. Le Groenland semble immense, presque comparable à l’Afrique. Le Canada paraît gigantesque et la Russie occupe une superficie visuelle impressionnante. Pourtant, cette image est loin de correspondre aux véritables proportions de la planète.

L’Afrique n’est pas petite. C’est en partie la carte qui la fait paraître petite.
C’est tout l’enjeu de la campagne « Correct the Map », portée au niveau international par le Togo avec le soutien de l’Union africaine.

Vendredi, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté la résolution par 164 voix pour, une contre, celle des États-Unis, et six abstentions. Le texte encourage les gouvernements, les institutions éducatives, les organisations internationales et d’autres acteurs à privilégier des projections cartographiques qui représentent plus fidèlement les superficies des continents.

Le problème vient de Mercator 

La projection de Mercator a été conçue en 1569 par le cartographe flamand Gerardus Mercator. Son objectif premier était pratique : faciliter la navigation maritime en conservant notamment les angles et les directions.

Mais pour représenter une Terre sphérique sur une surface plane, il faut nécessairement déformer certaines caractéristiques.

Avec Mercator, plus on s’éloigne de l’équateur, plus les territoires apparaissent agrandis. À l’inverse, les régions situées autour de l’équateur apparaissent proportionnellement moins grandes.

C’est pourquoi le Groenland peut sembler presque aussi grand que l’Afrique sur certaines cartes classiques.
En réalité, les proportions sont radicalement différentes : l’Afrique est environ 14 fois plus vaste que le Groenland. Le continent africain couvre environ 30,4 millions de kilomètres carrés, contre environ 2,2 millions pour le Groenland.

À retenir 

Sur une carte de Mercator    Dans la réalité 

Le Groenland paraît presque aussi grand que l’Afrique    L’Afrique est environ 14 fois plus grande

L’Europe paraît relativement immense    Sa superficie est très inférieure à celle de l’Afrique

Le Canada et la Russie sont fortement agrandis visuellement    Leur taille apparente est amplifiée par leur position septentrionale

L’Afrique semble proportionnellement réduite    Elle représente environ 30,4 millions de km²

Equal Earth : montrer les continents autrement 

La résolution de l’ONU encourage notamment le recours à des projections dites à superficies équivalentes, dont Equal Earth.

Développée en 2018, cette projection cherche à conserver les proportions de superficie entre les différentes régions du monde. L’Afrique y apparaît donc beaucoup plus proche de sa taille réelle par rapport à l’Europe, à l’Amérique du Nord ou au Groenland.

Cela ne signifie pas pour autant que la projection Equal Earth soit une carte « parfaite ». Il n’existe pas de représentation plane d’une Terre sphérique qui conserve simultanément toutes les propriétés géographiques. Chaque projection fait des choix.

Mercator privilégie notamment les angles et les directions, ce qui explique son intérêt historique pour la navigation. Equal Earth privilégie davantage la fidélité des superficies.

Une bataille qui dépasse la géographie
Pour les promoteurs de « Correct the Map », le débat n’est donc pas seulement technique.

Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a défendu l’idée que les cartes participent à la construction de notre perception du monde. Elles servent à l’éducation, influencent l’imaginaire et contribuent à la manière dont les populations visualisent les rapports entre les différentes régions de la planète.

L’initiative cherche ainsi à agir notamment sur les manuels scolaires, les atlas, les supports institutionnels et les outils numériques.

Le message est simple : lorsqu’une carte sert à comparer la taille des territoires, elle devrait autant que possible respecter les véritables proportions.

L’ONU ne supprime pas la carte de Mercator 

Une précision est importante : la résolution de l’ONU n’interdit pas la projection de Mercator.

Elle n’oblige pas non plus immédiatement Google, les écoles ou les éditeurs de cartes à remplacer tous leurs supports.

Il s’agit d’une résolution qui encourage l’adoption progressive de représentations à superficies équivalentes dans les contextes où la comparaison des dimensions territoriales est importante. Mercator conserve notamment son intérêt historique et pratique pour certains usages liés à la navigation.

Écrit par: Fatoumata Keita

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