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Frappes sur des humanitaires à Gaza: Varsovie exige des explications, Londres «consterné»

today3 avril 2024 5

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La Pologne veut des explications de la part d’Israël après la frappe sur le convoi humanitaire de World Central Kitchen, où un Polonais a perdu la vie. Cette mort a suscité beaucoup d’émotion et, selon le Premier ministre Donald Tusk, soutenir Israël devient de plus en plus compliqué. De son côté, le Premier ministre britannique se dit « consterné » par l’attaque durant laquelle trois citoyens britanniques ont été tués. Rishi Sunak réclame à Tel-Aviv une enquête transparente. Jusqu’ici, pourtant, Londres s’était montré très conciliant vis-à-vis d’Israël.

La mort du Polonais Damian Sobol, parmi les victimes du convoi humanitaire à Gaza, a beaucoup fait réagir en Pologne, relate Martin Chabal, notre correspondant à Varsovie. Pour le Premier ministre Donald Tusk, qui s’est exprimé sur X, il est difficile aujourd’hui pour les Polonais, qui s’étaient énormément mobilisés après les attentats du 7 octobre, d’être toujours aussi solidaires.

Le ministre des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, demande, lui, à ce que des compensations soient versées par Israël aux familles des victimes. Le ministère polonais des Affaires étrangères a également annoncé mercredi avoir « invité » l’ambassadeur d’Israël en Pologne pour discuter de « responsabilité morale, politique et financière » après la frappe israélienne qui a tué sept travailleurs humanitaires à Gaza, dont un Polonais. « J’ai invité l’ambassadeur (…) Je veux lui parler de la nouvelle situation dans les relations polono-israéliennes et de la responsabilité morale, politique et financière pour l’incident qui s’est récemment produit à Gaza », a déclaré le vice-ministre Andrzej Szajna cité par l’agence PAP.

Il a aussi repris l’ambassadeur israélien en Pologne en lui demandant de faire preuve d’humilité après avoir traité d’antisémite un homme politique d’extrême droite qui a qualifié cette frappe de « crime de guerre ». Et si certains observateurs ont peur de voir une montée de l’antisémitisme en Pologne avec ces déclarations, pour le ministre des Affaires étrangères, c’est déjà le cas depuis qu’Israël « abuse de sa force ».

La Pologne se sent donc très concernée par cette affaire. Elle a d’ailleurs exigé une coopération totale entre la justice polonaise et israélienne pour déterminer clairement ce qu’il s’est passé. Le procureur de la ville du Polonais mort dans cette frappe a même ouvert une enquête indépendante.

De son côté, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a estimé mercredi que les explications israéliennes étaient « insuffisantes » et « inacceptables ». Pedro Sánchez, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse à Doha au terme d’une tournée dans trois pays de la région, a ajouté qu’il attendait de son homologue israélien Benyamin Netanyahu des explications « beaucoup plus détaillées ». L’armée israélienne a reconnu mercredi une « grave erreur » après la frappe qui a tué dans la bande de Gaza sept membres d’une ONG humanitaire.

 « Londres est devenu plus critique »

Traditionnellement, le gouvernement britannique soutient Israël et se contente de suivre les initiatives américaines, rapporte notre correspondante à Londres, Émeline Vin. L’attaque du 1er avril va-t-elle suffire à infléchir cette position ? Martin Shaw, professeur en relations internationales à l’université de Sussex, n’en est pas convaincu : « La position britannique évolue depuis que David Cameron est devenu ministre des Affaires étrangères [en novembre]. Le gouvernement tend à exprimer son inquiétude quant à l’impact de l’opération israélienne sur les civils palestiniens. Londres est devenu plus critique, pas fortement critique, mais plus critique. Cet incident va certainement renforcer cette tendance. Cependant, je ne pense pas que ce seul incident aura un impact ; il en aura que si la communauté internationale, menée par l’administration Biden, décide de réévaluer son attitude. »

Quant à l’opinion publique, même si d’importantes manifestations pro-Palestiniennes se tiennent depuis octobre et qu’une importante minorité dénonce les agissements de l’armée israélienne, une certaine fatigue informationnelle s’installe, sur la question des otages par exemple.

« Les responsables politiques continuent d’en parler, poursuit Martin Shaw, mais ce n’est plus un sujet d’inquiétude pour le grand public. La plupart de gens, même ceux qui suivent l’actualité politique, n’ont plus cette question en tête. L’attention s’est tournée vers l’énorme nombre de victimes en Palestine et les conditions humanitaires. »

Avec RFI

Écrit par: Soleil FM

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