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Soleil FM : Guinée Economie

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Guinée : des travailleurs d’une société de monnaie électronique déclenche une grève

Razakou Moussa

Les membres de l’association des distributeurs de la monnaie électronique en Guinée ADMEG en abrégé, ont déclenchés une grève ce mercredi pour disent-ils protester contre la réduction de 18 pourcent représentant la taxe valeur ajoutée TVA de leurs commissions sur les transactions. Joint par notre rédaction, Alpha Barry, membre de cette association pense que cette nouvelle mesure ne les arrange pas.

Cette décision de cesser le travail dès ce mercredi fait suite à la déduction de 18 pourcent de TVA dans leur commission lors de la transaction.       

Pour cette première journée de grève il affirme que leur mot d’ordre a été largement suivi.

Reste à savoir si cette grève portera fruit pour l’association des distributeurs de la monnaie électronique en Guinée.

Actualités Guinée Economie

La monnaie guinéenne connait une réelle appréciation

Razakou Moussa

Depuis un certain temps le franc guinéen se comporte bien face aux devises internationales ce qui devrait permettre une baisse des prix surtout des produit de première consommation. Mais jusque là rien n’y est. Alors pourquoi cette stagnation.

Notre rédaction a joint ce samedi, le consultant en économie, Mohamed Jacob Thiam.  Pour cet économiste le taux de change a considérablement baissé en Guinée, mais contre toute attente, le prix des produits lui ne suit pas la norme, pourquoi cela ? Le consultant en économie, Mohamed Jacob Thiam évoque trois raisons. La Guinée regorge beaucoup d’atouts permettant la monnaie de se stabiliser face aux devises étrangères.  

Pour palier à cette situation, M. Thiam exhorte l’état à continuer sur les reformes déjà engagées.

Poursuivant, il précise que si la monnaie guinéenne s’est appréciée ces derniers temps, cela est dû à une certaine vertu dans la gestion de la chose publique, a conclut notre interlocuteur.

FATOUMATA KEITA

Guinée Actus Guinée Economie

LE GOUVERNEMENT GUINEEN ANNONCE LA RELANCE DE SOTELGUI:

Razakou Moussa

Le président de la République, le colonel Mamadi Doumbouya vient de nommer un coordonateur chargé de la relance de la société de télécommunication de Guinée-SOTELGUI.

Une initiative qui suscite de l’espoir chez le président de l’union pour la défense des consommateurs de Guinée. Pour Bany Sidibé, après plusieurs tentatives, il est temps que la Guinée soit dotée d’une société de télécommunication nationale à l’instar des autres pays.

Après plusieurs tentatives de réhabilitation, la nomination d’un coordonateur chargé de la relance de la société de télécommunication de Guinée est un ouf de soulagement selon le président de l’union pour la défense des consommateurs de Guinée Bany Sidibé.

Jusque là, la Guinée ne pouvait compter que sur les sociétés étrangères de télécommunications. Pour Bany Sidibé, il est plus temps que la Guinée soit enfin doté d’une société nationale de télécom.

 Avec la concurrence actuelle sur le terrain, la question qui reste sur toutes les lèvres, est que si la SOTELGUI saura se refaire une place dans le monde de la télécommunication en Guinée. Pour notre interlocuteur, la réponse est plus qu’évidente.

Par ailleurs, il faut que l’autorité de régulation porte une attention particulière sur le cahier de charge des sociétés de télécommunication installé dans le pays. Ce pour le bonheur des consommateurs.

FATOUMATA KEITA

Actualités Guinée Economie

C’est désormais officiel. Le prix de la baguette double est passé de 4000 à 4500 francs guinéens et 2250 francs pour la baguette simple.

Razakou Moussa

Cette augmentation du prix du pain sur le marché guinéen est due selon le communiqué du Ministère du commerce, de l’industrie et des petites et moyennes entreprises à la hausse du prix du sac de la farine à l’international.

Joint par notre rédaction ce samedi, Abdallah Chérif et  Mamadou Adama Diallo, respectivement président du GOHA et celui de la coopérative nationale des boulangers et pâtissiers de Guinée-CONAPAG  invitent les populations à comprendre ce réajustement.

L’augmentation du prix du pain sur le marché guinéen ne surprend pas les opérateurs économiques. D’ailleurs, ils ont participé à la prise de cette décision rendue par le ministre du commerce, de l’industrie et des PME. En tout cas, c’est ce qu’a laissé entendre le Président de la CONAPAG qui dit avoir alerté le gouvernement sur la mesure. Mamadou Adama Diallo et le président du GOHA. Abdallah Chérif , soutiennent que la hausse du prix du pain ne dépend pas des opérateurs économiques guinéens.

Selon l’ancien opposant au régime Condé, des négociations sont menées à l’international pour trouver des prix raisonnables pour le marché local. En attendant que ces solutions soient trouvées, il invite chacun à faire un effort.

Par ailleurs, le président de la coopérative nationale des boulangers et pâtissiers de Guinée-CONAPAG demande aux boulangers de respecter le contenu de cette décision du ministre, Bernard Goumou

SAMUEL DEMBA DOALAMOU

Actualités Guinée Economie

Une usine mobile de préfacbrication de murs en béton à Abidjan en 2022

Razakou Moussa

Il s’agit de l’usine mobile de préfabrication Neulandt 3P (N3P), une solution pour la production d’éléments préfabriqués en béton. Selon le directeur général de Neulandt Côte d’Ivoire, Richard Lorant, cette usine offre moins d’émissions de CO2 et une réduction des coûts de gros œuvre. 

“Elle sera expédiée en janvier, arrivera mi-février pour un début d’installation début mars et un début de production en avril 2022”, a précisé jeudi M. Lolant, indiquant que cette unité sera installée dans la zone de l’aéroport d’Abidjan.

Le cimentier LafargeHolcim Côte d’Ivoire et Neulandt ont signé jeudi à Abidjan un protocole d’accord dans le cadre de l’implantation de cette première usine mobile de murs préfabriqués en béton de Côte d’Ivoire.

La filiale ivoirienne du leader mondial Holcim, LafargeHolcim Côte d’Ivoire a été choisie par Neulandt pour lui fournir le béton nécessaire à la production des murs préfabriqués qui sortiront bientôt de sa toute nouvelle usine mobile. 

Neulandt, filiale du groupe mondial Umdasch, déploiera au premier semestre de 2022 cette usine de production de murs préfabriqués en béton qui devrait être dotée d’une capacité de production de 1000m² de murs par jour.  

M. Rachid Yousry, le directeur général de LafargeHolcim Côte d’Ivoire, a déclaré qu'”il s’agit d’un béton spécial qui va permettre le durcissement et la prise rapide de béton”, ce qui devrait permettre d’accélérer la productivité de cette solution.    

Pour LafargeHolcim en Côte d’Ivoire, fournisseur de ciment, cette solution N3P est “une offre à valeur ajoutée”. M. Lorant a expliqué que “chacun garde son expertise, Lafarge installe ses équipements sur le site de Neulandt , mais ses techniciens garantissent un volume quotidien avec un contrôle qualité permanent au service de la production industrialisée”. 

“Une ligne de production, c’est 1000 m2 de murs préfabriqués en béton armé par jour, soit 300.000 par an, équivalent à environ 1000 maisons par an”, a dit a le directeur général de Neulandt, la nouvelle filiale ivoirienne du groupe Umdasch, mondialement connu pour sa marque Doka, n°1 mondial de la technologie du béton et des coffrages.

“On sait qu’il y a un besoin additionnel de 15.000 à 20.000 logements sociaux économiques par an (en Côte d’Ivoire) et la capacité intérieure cumulée des entreprises de construction dépasse à peine 3.000 unités par an”, a-t-il fait observer. 

“Donc, il y a un déficit de 15.000 unités environ qui creuse un déficit déjà lui-même établi, selon les différents ministères, à plus de 300.000 logements. L’objectif prioritaire de Neulandat est de participer à combler ce déficit et à servir le besoin en logement de volume”, a-t-il souligné. 

L’objectif, mentionnera-t-il, est de “montrer la technologie, de la partager et de faire en sorte que les constructeurs locaux se l’approprient”. Pour couvrir le pays avec des usines mobiles de préfabrication de murs en béton, une quinzaine de lignes sera nécessaire à long terme.

Apanews MOUSSA CAISS SYLLA

Guinée Actus Guinée Economie

M. Dianka Koévogui, Directeur général de l’Agence d’Aménagement de Gestion des Parcs Industriels (AGESPI) et Ancien Conseiller Principal au Ministère de l’Industrie et des PME nous édifie à travers un MEMORANDUM SUR LE SECTEUR DE L’INDUSTRIE ET DES PME.

Razakou Moussa

I – Historique du développement industriel guinéen de 1958 à nos jours

1.1 – 1958 – 1984 : La Période de l’Etat Central Investisseur et Gestionnaire

L’Investissement massif de fonds publics dans la création d’entreprises étatiques

En 1958, à l’accession du pays à l’indépendance (le 2 octobre), le secteur industriel manufacturier guinéen hérité de la période coloniale était constitué de quelques unités industrielles (pas plus d’une vingtaine) dont l’activité était axée sur :

  1. La production de biens de consommation de masse destinée à la satisfaction du marché intérieur : production de boissons gazeuses, brasserie, d’articles en plastiques, rechapage de pneus, production de peinture, etc.
  2. Ou l’agrobusiness : sciage de bois, production de quinine, production et transformation de l’ananas, culture de plantes aromatiques pour la production d’huiles essentielles destinées à l’industrie de la parfumerie, etc…

Ces unités industrielles étaient souvent des filiales de sociétés privées d’origine française ou la propriété de quelques hommes d’affaires de diverses nationalités étrangères (libanais, syriens ou autres) ayant prospéré initialement dans les activités de commerce import-export. Du point de vue de la répartition géographique, elles étaient implantées pour plus de 80% à Conakry, et pour les autres, celles opérant dans l’agrobusiness principalement, dans l’arrière-pays (à Maferenya, pour l’unité de transformation de l’ananas, à Sérédou pour la production de la quinine, à Kissidougou et Nzérékoré pour les scieries de bois, etc…).

Exploitées selon les principes de la gestion privée, ces unités industrielles constituaient les bases du développement d’un secteur industriel prospère fondé sur le riche potentiel économique (agricole, sylvicole, halieutique, hydraulique, minier) du pays.

A partir de 1958, en raison de l’option des autorités de la toute jeune et nouvelle République pour une économie de type socialiste, centralisée et volontariste, les unités industrielles héritées de la période coloniale sont toutes nationalisées.  Puis, à partir de 1963, dans le cadre du plan triennal de développement adopté par l’Etat Guinéen pour asseoir l’indépendance économique du pays, le Gouvernement entreprend, dans le secteur industriel manufacturier, un programme de construction de nombreuses nouvelles entreprises publiques ainsi que l’extension et la modernisation des entreprises industrielles héritées de l’époque coloniale. Ce programme qui se poursuivra jusqu’au début des années 80 est fondé sur une stratégie qui visait deux objectifs majeurs :

  1. la substitution de la production nationale aux importations, pour la satisfaction des besoins du marché domestique,
  2.  l’exploitation et la valorisation des matières premières locales, pour l’approvisionnement desdites unités industrielles.

A la faveur de ces programmes d’investissement public, une quarantaine d’entreprises sont créées ou sont l’objet d’extension ou de modernisation. Du point de vue de la répartition géographique, elles sont établies à environ 60% dans la région de Conakry, la capitale, et ses environs, et se retrouvent dans tous les sous-secteurs de l’industrie manufacturière, comme l’indique le tableau T1 ci-dessous qui en donne une liste quasi exhaustive

Des entreprises publiques mal gérées, inefficaces, et coûteuses pour les finances publiques

Ces entreprises publiques relativement nombreuses et réparties de façon équilibrée entre différents sous-secteurs, en conformité avec le potentiel du pays et les besoins du marché, constituaient au regard de nombreux observateurs extérieurs les bases prometteuses d’une industrialisation réussie du pays à moyen et long termes.

Dans la réalité, plusieurs évaluations, dont celle émanant de la conférence de l’industrie organisée en octobre 1980, sous la Première République déjà, montrent qu’elles affichent, à de rares exceptions près, des contreperformances tant financières qu’économiques qui font qu’elles sont loin de répondre aux attentes qui ont justifier leur réalisation au prix d’investissements massifs de l’Etat. Leur exploitation est caractérisée par des pertes financières chroniques qui nécessitent d’importantes subventions du budget national, d’année en année, pour maintenir des effectifs pléthoriques, inefficients et mal payés dont le recrutement est orienté par des préoccupations plutôt d’ordre social et politique. Leur gestion est assujettie à une centralisation qui prive leurs dirigeants de toute autonomie et de tout pouvoir réel, les décisions de gestion relevant de la responsabilité, selon les cas, du Ministère en charge de l’Industrie et/ou d’un organe étatique dénommé Office de Coordination Financière des Industries (OCOFI). Ce qui entraîne des dysfonctionnements qui ont pour effets récurrents des ruptures de stocks de matières premières, l’incapacité à renouveler ou à réparer les équipements ou encore des difficultés de trésorerie préjudiciables à leur fonctionnement régulier et rentable.   

Globalement, le constat au début des années 80, confirmé par le rapport de la conférence nationale de l’industrie d’octobre 1980, la quasi-totalité des entreprises industrielles, si elles ne sont pas à l’arrêt, fonctionnent à moins de 40% de leurs capacités nominales tout en maintenant des personnels pléthoriques qui continuent de bénéficier de leurs salaires grâce aux subventions du budget national.

1.2 Période 1984 à 2010 : L’amorce de la redistribution des rôles entre l’Etat et le Secteur Privé

Privatisation massive des entreprises publiques

A partir de 1984, avec la disparition du Chef de l’Etat et la prise du pouvoir par les militaires, les nouvelles autorités, après l’évaluation de la situation économique du pays conduite avec l’appui et les conseils d’organismes spécialisés dont la Banque Mondiale et le FMI adoptent un vaste programme de redressement économique et financier (PREF) qui préconise, entre autres mesures, la privation ou la liquidation des entreprises publiques dans les secteurs de l’industrie, des banques et assurances, le commerce et autres services.

L’idée qui fonde ces mesures est que l’Etat doit limiter son rôle dans le domaine de la création et de la gestion des entreprises à celui de régulateur et de facilitateur pour stimuler l’intervention du secteur privé et mettre à profit ses ressources financières, son savoir-faire, sa rigueur et son efficacité en matière de gestion.

Concernant le secteur industriel, à la suite d’un diagnostic approfondi, les entreprises concernées sont classées en trois catégories :

  1. les entreprises à garder dans le portefeuille de l’Etat : Ce sont celles qui affichent les meilleures performances financières et techniques. Généralement, elles ont fait l’objet d’un projet de réhabilitation récent qui a permis de rénover leurs équipements et de former leur personnel d’encadrement.
  2. Les entreprises à privatiser : Entreprises en difficulté mais qui, selon les diagnostics réalisés, affichent des perspectives d’exploitation rentables en raison de l’existence de débouchés surs et des conditions adéquates d’approvisionnement en matières premières et intrants. L’objectif de l’Etat est d’intéresser au rachat de ces entreprises des repreneurs privés qui vont prendre en charge les investissements nécessaires à la relance et appliquer des règles de gestion assujetties aux obligations de profit, y compris à l’égard du personnel.
  3. Les entreprises à liquider :  Entreprises en arrêt d’activités depuis plusieurs années pour diverses causes (infrastructures et équipements obsolètes, difficultés d’approvisionnement en matières premiers et intrants, etc) et/ou n’ayant aucune perspective d’exploitation rentable pour cause de faible de compétitivité.

Une dizaine d’entreprises sont effectivement reprises par des opérateurs privés et remises en activité. Ce sont d’abord toutes celles qui avaient été classées dans la catégorie « à garder dans le portefeuille de l’Etat » (sobragui, bonagui, ciments de Guinée, etc.) plus quelques autres initialement classées « à privatiser ».  

Une dizaine d’autres entreprises ont été purement et simplement liquidées. Ce qui subsistait de leurs actifs, terrains et bâtiments essentiellement, a été cédé à des particuliers qui en ont fait l’usage qui leur semblait le plus rentable. Cas des entreprises soguifab, briqueterie de kobayah, usine de céramique de Matoto, etc.

Concernant les entreprises jugées privatisables, les tentatives de reprise (répétées pour certains cas) ont échoué, et à ce jour, ce sont une vingtaine d’anciennes entreprises publiques qui se retrouvent dans le portefeuille de l’Etat dans l’attente de trouver un repreneur.  Les chances effectives de reprise de la majorité de ces entreprises par des opérateurs privés nous semblent compromises par les contraintes principales ci-après :

  • Equipements, installations et infrastructures obsolètes et vétustes, de plus de 30 ans d’âge, impliquant pour la relance de l’activité, des investissements de réhabilitation exorbitants équivalent au coût de création d’une nouvelle entreprise,
  • Produits confrontés à une forte concurrence i) des produits contrefaits ou bénéficiant de facilités douanières frauduleuses, ou encore ii) des produits de substitution nouvellement arrivés sur le marché.

Mise en œuvre de stratégies de relance du secteur industriel fondées sur l’ouverture au secteur privé national et étranger

Dans la foulée de la privatisation qui a produit des résultats plutôt mitigés, le Gouvernement, à travers le ministère en charge de l’industrie, élabore de nouvelles stratégies qui visent à relancer le secteur industriel à travers une vision holistique de ses problèmes.

En 1990/91, est élaboré, avec l’appui de l’ONUDI (Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel) un Schéma Directeur d’Industrialisation (SDI) fondé sur l’analyse de 16 filières industrielles parmi lesquelles celles qui offrent des avantages comparatifs pour la Guinée ont été retenue pour en faire les piliers du développement industriel du pays.  Les filières agro-industrie et industrie agroalimentaire, industrie des matériaux de construction, industries chimiques et dérivés, industries des corps gras, industries des métaux et de la mécanique sont retenues comme les plus avantageuses et des mesures spécifiques sont préconisées pour assurer leur essor selon une démarche de chaîne de valeur.

En 1996/1997 est élaboré, avec l’appui du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) et de l’ONUDI le Programme Cadre de Promotion du Secteur Privé (PCPSP) qui a pour axes principaux le renforcement de la capacité du secteur privé et l’amélioration du climat des affaires pour favoriser les investissements privés endogènes et attirer des IDE, conditions sans lesquelles le SDI lui-même ne saurait aboutir aux résultats escomptés. C’est dans le cadre du PCPSP qu’est organisé en 1998, le premier Forum International des Investisseurs en Guinée (Investir en Guinée, qui attira à Conakry plus de 400 participants étrangers venus des d’Europe, des Amériques, d’Asie, d’Océanie et d’Afrique. Ce Forum eut au minimum pour effet d’améliorer la visibilité de la Guinée dans les milieux d’affaires internationaux et de donner lieu à la signature de quelques accords de partenariat entre opérateurs économiques guinéens et étrangers.

Les mesures préconisées par le SDI et le PCPSP étaient globalement de nature à impulser une dynamique nouvelle au développement du secteur industriel et de l’économie guinéenne dans son ensemble. Mais leur mise en œuvre n’a pas été favorisée par la malgouvernance et l’instabilité politique et institutionnelle.

 II – des progres significatifs, mais toujours une faible contribution au PIB

Même si toutes les mesures, stratégies et politiques initiées depuis 1984 en faveur du secteur privé et de la promotion de l’activité industrielle manufacturière, n’ont pas produit tous les effets escomptés en termes d’accroissement de la valeur ajoutée manufacturière (VAM), elles ont produit des incitations suffisantes pour motiver les opérateurs privés les plus optimistes à investir dans la réalisation de nombreuses unités industrielles dans tous les sous-secteurs.

Au titre de ces incitations l’on peut citer i) l’adoption d’un Code des Investissements en 1987 au caractère libéral prononcé, qui a été amendé en 1995, puis fondamentalement révisé en 2015 par la Loi L/2015/008/AN du 25 mai 2015, l’élaboration, depuis 2010, avec l’avènement de la 3ème République, de nombreuses réformes visant à améliorer l’environnement des affaires au profit du secteur privé reconnu comme moteur de la croissance.

A ce jour, selon les chiffres non exhaustifs de la Direction Nationale de l’industrie, qui pourraient être revus à la hausse après un recensement approfondi conduit avec l’expertise requise, le secteur industriel manufacturier guinéen compte environ une centaine entreprises en activité, tandis que l’Administration compétente enregistre en moyenne, chaque mois, une dizaine de demandes d’accès au avantages du Code des Investissements relatives à la création de nouvelles unités industrielles ou à l’extension/modernisation de celles existantes.

III – Quelle stratégie pour l’industrialisation accélérée de la Guinée ?

En dépit des progrès réalisés depuis 1984 (voir supra), la part de la VAM dans le PIB guinéen demeure très faible, à 5,7% comparée à la moyenne régionale africaine (10%)et à la moyenne des autres régions du Monde (20%°).

Toute stratégie de développement industriel de la Guinée devrait se fixer pour objectif raisonnable de porter la part de la VAM dans le PIB à un minimum de 10%, correspondant au taux de la Région Afrique, dans les cinq prochaines années, puis viser le taux mondial dans les 10 années suivantes.

Les actions à mener à cet effet devront s’inscrire dans cinq axes, dans le cadre de la   politique de développement industriel accéléré qui fait l’objet de la présente étude.  

  1. Facilitation de la création et du démarrage des entreprises :
  2. Simplification des formalités et réduction des délais des procédures de création d’entreprise,
  3. Réduction des coûts d’accès au foncier par la création de parcs industriels offrant des possibilités d’acquisition de parcelles sous-forme de bail, et intégrant des services communs de fournitures d’eau, d’électricité, de traitement des déchets, à coûts réduits, etc.
  4.  Amélioration de la compétitivité des entreprises en agissant sur les facteurs qui l’influencent durablement :
  5. amélioration de l’offre (quantité et coût) des coûts des facteurs énergétiques (électricité et eau) par l’investissement dans les infrastructures requises dans le cadre du partenariat public-privé,
  6. amélioration de la productivité par la formation du personnel, le renforcement des capacités de gestion, l’innovation technologique,
  7. réduction des coûts des services de transports par la réalisation des infrastructures (routières, ferroviaires, aériennes, etc.) et l’amélioration de la logistique de transport,
  8. amélioration de la qualité des produits au regard des exigences des marchés tant à l’export qu’à l’interne par la mise en place d’une infrastructure qualité adéquate ;
  • La valorisation des ressources locales

L’approvisionnement des industries locales en matières premières et intrants est assurée à plus de 90% par des importations de produits dont la transformation ne génère dans une large proportion qu’une très faible valeur ajoutée.

Il est nécessaire, pour accélérer l’accroissement de la VAM nationale de mettre en œuvre une stratégie orientée vers la transformation des produits primaires locaux, principalement agricoles, dont l’un de premiers effets positifs serait d’offrir un débouché solvable aux producteurs locaux et de les inciter à investir dans l’accroissement de leur offre de produits. Il s’agira dans un premier temps d’encourager la création de petites unités dont la taille en terme de capacité nominale est déterminée en rapport avec la capacité d’offres de produits locaux comme matières premières au moment de leur création. Une capacité de traitement de 10% à 25% de la production totale de matières premières d’une région naturelle (Haute Guinée, Basse Guinée, Moyenne Guinée, Guinée Forestière) serait raisonnable

  • La promotion et le développement des PME
  • Appui technique et financier à l’élaboration des études de viabilité technique et financière,
  • Mise en place de produits financiers adaptés aux caractéristiques et aux besoins spécifiques des projets des PME (lignes de crédit, fonds de participation, fonds de garantie, fonds de capital-risque, etc.),
  • Appuis financiers sous forme des subventions en faveur des PME, notamment celles implantées dans les régions économiquement défavorisées ou intervenant dans le secteur rural et dont les activités contribuent à la valorisation des produits locaux.
  • Amélioration de la gouvernance du secteur
  • Mise en place d’un cadre de concertation entre le secteur public et le secteur privé dénommé Conseil National du Développement Industriel, pour la définition consensuelle et la mise en œuvre de plans et de programmes de développement du secteur industriel partagé par toutes les parties prenantes,
  • Renforcement des capacités du fonds de promotion de l’industrie,
  • L’amélioration de l’information sur le secteur par la création d’une base de données des entreprises industrielles,
  • Renforcement des capacités de l’agence d’aménagement et de gestion des parcs industriels,
  • La règlementation et le renforcement du suivi et du contrôle de l’activité des entreprises industrielles tant pendant la phase d’implantation que pendant la phase d’exploitation, sous la responsabilité principale du département de tutelle. De façon à éviter les interventions intempestives et inopinées de structures diverses et multiples. A titre indicatif, une telle réglementation permettrait de définir les modalités et conditions d’implantation et d’exploitation d’une unité industrielle, qui serait incluraient entre autres ;
    • La délivrance d’un permis d’implantation après examen préalable de tous les aspects liés aux impacts environnementaux et l’établissement d’un cahier des charges engageant l’investisseur,
    • La délivrance préalable d’autorisation de mise en exploitation après contrôle de la conformité aux normes de qualité et du respect des normes d’hygiène et de sécurité.

Conclusion

Ces différentes propositions en terme de stratégies de développement ne sont que des pistes de réflexion pour des analyses plus approfondies qu’il conviendra de mener très rapidement afin de mettre en œuvre un plan d’action simple, réaliste et réalisable à court et moyen terme pour le développement du secteur industriel et de l’économie de la Guinée.

Dianka Koévogui

Directeur général de l’AGESPI et Ancien Conseiller Principal,

Ministère de l’Industrie et des PME

MOUSSA CAISS SYLLA

Guinée Actus Guinée Economie

La baisse du prix de carburant/ aucun impact sur le prix des denrées de grandes consommations.

Razakou Moussa

La situation suscite beaucoup de réactions chez certains défenseurs du droit des consommateurs. C’est le cas du président de l’union pour la défense des consommateurs de Guinée. Joint au téléphone par notre rédaction, M’Bany Sidibé affirme que certains commerçants sont de mauvaise foi. Pour lui les nouvelles autorités doivent faire tout pour faire  respecter les lois de règlementation du prix sur les marchés. 

Malgré donc la diminution du prix de carburant à la pompe par le président du CNRD, le constat révèle que le prix des denrées reste inchangé sur les marchés guinéens.

Par ailleurs, plusieurs citoyens interrogés précisent  que c’est  de la mauvaise foi de la part des commerçants  et que l’Etat doit prendre à bras le corps pour que cesse cette augmentation anarchique sur le pris des denrées alimentaires.

Les commerçants avancent deux raisons pour expliquer la hausse des prix de ces produits. Pour certains, cette flambée est due à la hausse du taux de change (la plupart des produits de consommation étant importés). Mais pour d’autres, c’est du a la dernière augmentation du prix du litre de carburant à la pompe décidé par l’ancien régime.

Cependant, La question qui taraude tous les esprits est de  savoir avec cette augmentation fantaisiste si le prix de ces différents produits connaitra une baisse dans les prochains jours. Le temps nous édifiera.

Guinée Actus Guinée Economie

‘’Veiller bien à l’inclusion de la Guinée à l’espace de la CEDEAO’’ voilà ce que propose Frébory Donzo

LINSAN

Dans un communiqué lu sur les ondes de la télévision nationale, la junte a annoncé la réouverture progressive des frontières terrestres de la Guinée avec ses voisins. Et suivant le chronogramme annoncé du CNRD, cette réouverture a commencé ce mercredi 15 septembre par la Sierra-Léone et le Libéria. Frébory Donzo, président de l’union nationale des transporteurs de Guinée, joint par notre rédaction, a remercié le colonel Mamady Doumbouya d’avoir pensé à la réouverture des frontières terrestres.

L’attente aura été longue, mais enfin le soulagement. A partir de ce mercredi, la fermeture des frontières terrestres reste un lointain souvenir. Progressivement le trafic transfrontalier peut bien reprendre avec les pays voisins. Cette bonne nouvelle est la bienvenue chez le président de l’union nationale des transporteurs routiers de Guinée, Frébory  Donzo.

« Nous sommes très contents par rapport à la réouverture des frontières et disons  a la junte  un grand merci », s’est il réjouit.

Pour le patron des transporteurs routiers, les premiers convois de camions à destination de la Sierra-Léone sont déjà en route. Pour les autres pays limitrophes, les derniers réglages sont en cours comme indiqué dans le communiqué. 

«  Nous avons entamé les activités sur le terrain. Comme prévu les camions qui devaient bouger pour la sierra-Leone sont déjà partis et pour le reste nous suivons le communiqué », a-t-il dit. 

Dites-nous quelles sont les pertes que vous avez registré au cours de la fermeture des frontières ? «  On a perdu beaucoup pendant la fermeture des frontières. La somme est incalculable »,    

Sans trop de commentaires, M. Donzo a fait cas des nombreuses pertes registrées pendant la fermeture des frontières terrestres.

Quel appel lancez-vous à l’ endroit des autorités ? 

« Nous demandons au colonel Mamady Doumbouya de veiller bien à l’inclusion de la Guinée à l’espace de la de CEDEAO, la liberté de circuler est l’élément fondamentale de l’homme », a-t-il proposé.  

Pour rappel, les frontières avec la Côte d’Ivoire, le Libéria et la Sierra-Léone, n’ont été fermées que le 5 septembre 2021 suite à l’éviction d’Alpha Condé du pouvoir par les forces spéciales.

FATOUMATA BAH

Guinée Actus Guinée Economie

A la une Les menuisiers aux abois faute de bois

LINSAN

L’interdiction de la coupe du bois par le Ministère de l’environnement, des eaux et forêts depuis 14 juin 2021 a pour conséquence le manque criard de bois sur le marché guinéen. A cet effet, les menuisiers ressentent durement ce manque. Ce dimanche 29 août 2021, Alpha Abdoulaye Barry et Mamadou Samba Barry ont fait un constat sur le terrain à Lambanyi et à la Cité Enco5, comme de Ratoma pour soleilfmguinee.net.

Depuis l’interdiction de la coupe du bois en Guinée, la crise se fait sentir sur le marché de bois. Nombreux sont les menuisiers qui rencontrent d’énormes problèmes dans l’obtention de cette matière première. C’est le cas pour Aboubacar Tounkara menuisier de profession résidant à Lambanyi, dans la comme de Ratoma-Conakry.

 « A leur actuel, le bois coûte très cher. Difficilement même de voir le bois à l’heure actuel. Un chevron coute trente mille (30 000) francs guinéens. Nous les menuisiers ont soufre », se plaint-il.   

Baïlo Baldé est vendeur de bois à la cité Enco5 dans la commune de Ratoma. Selon lui, le manque de bois est bien normal à l’allure où vont les choses.

« Il y a manque de bois, mais ce manque là est obligatoire. Parce que, couper le bois entraine des problèmes environnementaux. Donc le gouvernement doit fournir des efforts. Celui qui coupe un bois doit en planter deux. Parce qu’actuellement il y a trop de chaleur ».   

Vu les difficultés que traversent les ouvriers, Aboubacar Tounkara lance un appel à l’Etat

« Il faut que le gouvernement nous aides. Surtout avec le problème de planche car on souffre énormément », sollicite-t-il.

En attendant que la décision soit levée, le secteur de la menuiserie durement impacté devra encore prendre son mal en patience.

ALPHA ABDOULAYE BARRY et MAMADOU SAMBA BARRY

Guinée Actus Guinée Economie

A la une Prélever 5% sur le salaire, un enfer pour les fonctionnaires

LINSAN

A partir de ce mois d’août, le salaire des fonctionnaires sera amputé de 5% pour servir de cotisation à la protection sanitaire du personnel de la fonction publique. Cette décision des aux autorités est loin de faire l’unanimité dans les rangs des fonctionnaires. C’est dans ce cadre que notre reporter Fatoumata Nimaga a rencontré de Kaba Diané, économiste de profession, qui prédit un impact financièrement remarquable sur la vie des fonctionnaires avec un salaire minable qu’ils bénéficient. Il recommande plutôt à l’Etat de rehausser le niveau de vie de ses fonctionnaires.

Cette décision fâche-t-elle ? En tout cas, elle suscite beaucoup de réactions au sein des concernés de la fonction publique. En ce temps de crise, des informations attestent qu’en se référant au bulletin électronique de salaire, ces fonctionnaires n’ont généralement pas un salaire qui dépasse deux millions. Kaba Diané qualifie cette décision d’impopulaire, et présume qu’elle peut rendre la vie des travailleurs plus chère que d’habitude. 

« On prend le revenu de quelqu’un on enlève un peu et puis on met de côté comme épargne, quand le revenu est très faible déjà, la consommation épuise tout le revenu. C’est une politique qui est très impopulaire, même quand une entreprise souffre et que ça doit fermer on reduit le nombre de travailleurs, mais on ne reduit pas le salaire », mais remarqué cet économiste.

Cette décision risque d’avoir des conséquences néfastes sur l’économie du pays estime notre interlocuteur.

« Techniquement c’est une politique qui va causer de la résistance, les impacts économiques ne vont pas être ce qu’on attend. Ça va être une source d’argent pour l’Etat, mais les conséquences. Ce n’est pas bon du point de vu de la production ».

Tenant compte des réalités actuelles, l’économiste propose à l’Etat d’améliorer les conditions de vie de ses salariés, afin de les motiver à souscrire à cette cotisation sociale. 

« On propose à l’Etat de rehausser le niveau de vie des fonctionnaires, ça va améliorer leur condition de vie ainsi,  ils seront incités à suivre les recommandations faites par l’Etat».

D’après nos sources, dans cette affaire de réduction de 5%, le principal accusé est le secrétaire Général de la CNTG d’avoir négocié de façon unilatérale, le sort des travailleurs concernés avec le Chef de l’Etat.

FATOUMATA NIMAGA