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Gambie: fin des auditions sur les “atrocités” de l’ère Jammeh

Près de 400 témoins, des milliers d’heures de récits bouleversants, des atrocités indescriptibles et innombrables: après deux ans et demi d’auditions publiques, une commission chargée d’examiner les crimes commis durant les 22 années de pouvoir en Gambie de l’ex-président Yahya Jammeh a mis un terme vendredi à ses travaux.

“La plupart des atrocités ont été infligées à des civils innocents par l’Etat, par ses agents ou par d’autres gens à leur solde”, a relevé en mettant un terme solennel à la dernière audience le président de la Commission “Vérité, réconciliation et réparations” (TRRC), Lamin Ceesay.

“Les témoignages entendus durant 871 jours ont été pénibles et laissé sans voix la population. Les gens ne pouvaient pas croire que les atrocités qu’ils entendaient pouvaient se dérouler dans leur pays, une terre de coexistence pacifique”, a-t-il souligné.

Parmi les 392 témoins entendus depuis janvier 2019 figuraient de nombreuses victimes ou proches de celles-ci, mais aussi d’anciens “junglers” (“broussards”), les membres des escadrons de la mort directement aux ordres de Yahya Jammeh. 

Tous ont fait état du climat de terreur que faisait régner l’ex-président, y compris parmi ses proches, dont il pouvait décider de l’élimination s’il les soupçonnait de trahison, selon des témoins.

“Ces atrocités par le régime de Jammeh avaient pour objectif d’installer la peur parmi la population gambienne” et de “piller les ressources du pays”, a dit M. Ceesay.

La Commission doit remettre en juillet son rapport au successeur de Yahya Jammeh, Adama Barrow. Elle pourra recommander des poursuites mais n’a pas le pouvoir de prononcer de condamnations.

M. Barrow a fait savoir de longue date qu’il attendrait les recommandations de la Commission pour éventuellement réclamer des poursuites contre son prédécesseur.

Parvenu au pouvoir par un putsch sans effusion de sang en 1994, Yahya Jammeh s’était fait largement élire et réélire sans interruption jusqu’à sa défaite en décembre 2016 face à Adama Barrow. 

Après six semaines d’une crise à rebondissements provoquée par son refus de céder le pouvoir, il a finalement dû quitter le pays à la suite d’une intervention militaire ouest-africaine et d’une ultime médiation guinéo-mauritanienne.

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