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La Chine rapporte plus de 60000 décès Covid depuis l’abandon de sa politique «zéro-Covid»

Les chiffres dévoilés par Pékin ne tiennent compte que des morts enregistrées dans les structures médicales, mais ce sont les premiers publiés depuis la levée des restrictions sanitaires dans le pays le 8 décembre 2022.

Il y a deux jours encore, de hauts responsables chinois affirmaient qu’il était trop tôt pour faire un décompte précis des morts de la pneumonie virale. « Ce n’est que lorsqu’une pandémie est déclarée terminée que nous pouvons fournir une réponse claire concernant le taux de mortalité de la maladie », disait alors Liang Wannian, expert principal de la commission nationale de la Santé cité par le China Daily. C’est aujourd’hui cette même autorité de la santé qui publie ce premier bilan officiel, à partir de données fournies par les hôpitaux.

900 millions de contaminés

60 000 personnes sont décédées après avoir été infectées en Chine, entre le 8 décembre 2022 – au lendemain de la levée des restrictions sanitaires – et le 12 janvier 2023. Un bond considérable par rapport aux environ 5 000 morts du Covid, rapportés par la Chine depuis le début de la pandémie.

La plupart (90%) avaient plus de 65 ans, précise la commission. Près de 54 500 étaient positives, mais présentaient des comorbidités. Plus de 5 500 décès font suite à une « insuffisance respiratoire ». C’est important de le préciser, car les autorités ont indiqué le mois dernier que seuls les patients atteints du Covid-19 qui meurent des suites d’une insuffisance respiratoire seront inclus dans les bilans officiels de l’épidémie.

Cette annonce intervient alors que d’autres chiffres provenant d’une étude de l’Institut national de développement de l’Université de Pékin indiquent que 900 millions de Chinois avaient déjà été contaminés au 11 janvier, avec un taux d’infection cumulé d’environ 64%. L’équipe du professeur Ma Jingjing a travaillé sur un modèle mathématique croisant des métadonnées. Les chercheurs n’ont notamment constaté que les recherches en ligne de symptômes tels que la « fièvre » et la « toux » ont explosé. Selon le rapport, les taux d’infections les plus élevés sont mesurés dans les régions de l’ouest. Pékin, Canton et Shanghai font beaucoup de bruit sur internet, a déclaré Ma Jingjing, mais c’est dans l’Ouest chinois que la déferlante Omicron a contaminé le plus d’habitants : 91% dans la province du Gansu, 84% dans le Yunnan et 80% dans la province du Qinghai.

Ces statistiques semblent confirmer les images inquiétantes de crématoriums débordés sur les plateaux tibétains sur les réseaux sociaux ces derniers jours. L’appareil de sécurité publique aurait depuis interdit les photos et vidéos de cimetières, selon RFA

« Ne rentrez pas chez vous »

Ce premier bilan de la commission nationale de la santé conforte la thèse défendue par plusieurs gouvernements provinciaux qui affirme que le pic de l’infection est déjà passé. Une annonce qui intervient alors que l’OMS, les États-Unis et d’autres capitales demandent davantage de transparence à la Chine sur ses bilans.

Des chiffres qui restent en deçà des estimations réalisées par d’autres instituts de recherche sur la santé. La première vague épidémique en Chine est-elle terminée ? Selon l’institut britannique Airfinity, l’épidémie devait culminer le 13 janvier avec 3,5 millions de personnes contaminées et plus de 20 000 décès par jour, donc avant le nouvel an lunaire qui tombe cette année 2023 le 21 janvier.

Des retrouvailles en famille pour la traditionnelle fête du printemps qui font craindre aux autorités de nouvelles contaminations chez les plus fragiles. Le ton a changé ces derniers jours chez les responsables de la santé qui désormais incitent ceux qui ne sont pas encore partis à ne pas rentrer chez eux dans leur village natal. « Le pire de la première vague est déjà passé », mais les « personnes vulnérables en milieu rural » qui n’ont pas été encore infectées, peuvent l’être pendant les vacances « par des parents et des amis », a affirmé Liang Wannian lundi à la Télévision Centrale de Chine (CCTV).

« Vous avez toutes sortes de montrer que vous vous souciez d’eux ; vous n’avez pas nécessairement besoin d’apporter le virus chez eux », a insisté Guo Jianwen de l’équipe de prévention du Covid jeudi, dans des propos rapportés par The Guardian. La question de rentrer ou non dans sa province pour célébrer le changement d’année lunaire est depuis très partagées dans les discussions sur le réseau Weibo.

Avec RFI

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