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Le HCR appelle les Européens à cesser les “refoulements illégaux” de migrants

Le Haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés a appelé jeudi les Européens à mettre un terme aux “refoulements illégaux” de migrants qui “se produisent tout au long des frontières extérieures” de l’UE, et à “éviter les discours toxiques” sur la migration.

Lors d’une vidéoconférence avec des eurodéputés et des représentants d’Etats membres, Filippo Grandi les a aussi exhortés à adopter la réforme de la politique migratoire et de l’asile proposée par la Commission européenne en septembre, qui suscite de fortes dissensions entre les Vingt-Sept.

Ce “nouveau pacte sur la migration et l’asile” prévoit des mécanismes complexes de solidarité entre Etats membres en cas d’afflux de migrants et de sauvetages en mer, des procédures accélérées d’examen des demandes d’asile, et met l’accent sur les retours des personnes en situation irrégulière.

“C’est la meilleure chance d’aller de l’avant”, a estimé le chef du HCR. “Ce n’est pas parfait mais le mieux est l’ennemi du bien”, a-t-il fait valoir, tout en reconnaissant que compte tenu des divergences exprimées, “cela prendra du temps d’y arriver”.

En attendant, “certaines actions sapent la réputation de l’Europe”, a déploré le responsable italien, citant les “refoulements indiscriminés et illégaux” de migrants qui “se produisent, malheureusement, tout au long des frontières extérieures de l’Europe, en mer ou sur terre”, et “mettent des vies en danger”.

“Le droit d’asile est un droit fondamental”, a-t-il souligné. “Ces refoulements doivent cesser”, a-t-il exhorté, apportant son soutien à une proposition de la Commission de mettre en place un mécanisme indépendant de surveillance de ces pratiques aux frontières.

Il a regretté que des mesures d’exception liées à la pandémie servent souvent d’excuse pour suspendre l’accès à l’asile, soulignant que les chiffres étaient “gérables”.

A propos des bateaux de migrants débarquant sur les côtes de l’UE, le chef du HCR a fustigé le “drame généré par les négociations” entre Etats pour répartir l’accueil des demandeurs d’asile. “J’espère que nous pourrons voir rapidement la fin de ce spectacle insupportable”, a-t-il dit. 

Il a aussi appelé les Européens à éviter “les discours toxiques d’invasion, de submersion”, qui sont “non seulement factuellement faux mais aussi contre-productifs”. 

“La Colombie accueille 1,7 million de réfugiés et migrants vénézuéliens ; le Soudan, l’Ouganda, la RDCongo ont accueilli un afflux  des pays voisins au pic de la pandémie. Au Liban une personne sur quatre est un réfugié”, a rappelé le responsable. 

“Il y a un flux de personnes à gérer (…) je pense que l’Europe peut le gérer”, a-t-il poursuivi, soulignant que 90% des réfugiés et déplacés se trouvaient dans des pays pauvres ou à revenu intermédiaire.

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